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Les "regrets" de Marion Maréchal-Le Pen après le débat présidentiel

Marion Maréchal-Le Pen.

Marion Maréchal-Le Pen. - Jeff Pachoud - AFP

La députée FN du Vaucluse estime que si Marine Le Pen obtenait 40% des voix au deuxième tour, "ce serait déjà une énorme victoire".

Elle ne renonce pas à faire entendre sa petite musique. Interviewée par Boursorama et L’Opinion jeudi, Marion Maréchal-Le Pen a exprimé des réserves sur la prestation de sa tante lors du débat télévisé d’entre-deux-tours face à Emmanuel Macron la veille. La députée frontiste du Vaucluse a certes jugé la candidate du FN "efficace".

"Je crois que Marine Le Pen a eu le courage d’aller sur des sujets plus clivants, plus décisifs. Sur la question du terrorisme par exemple, elle est allée beaucoup plus loin (que son adversaire, NDLR)", a-t-elle fait valoir.

Pour autant, la petite fille de Jean-Marie Le Pen n’a pas totalement trouvé son compte dans ce débat "un peu brouillon" entre les deux finalistes de la présidentielle.

Selon les informations de BFMTV-RMC, elle a même quitté sa permanence de Carpentras, où elle avait convié les militants FN à regarder le débat, au bout d’une demi-heure.

"Je regrette qu'on ait pas parlé d'immigration"

Tout au long de son entretien à Boursorama-L’Opinion, elle ne s’est pas privée de lister les thèmes qui auraient dû être davantage mis en avant selon elle. L’immigration, par exemple:

"Je regrette malgré tout qu’on ait pas du tout parlé d’immigration, je crois que c’est un sujet fondamental sur lequel nous avons deux visions de la société radicalement différentes".

Ou encore l’Europe:

"On a beaucoup parlé de l’euro, un peu moins de la question européenne dans son ensemble. Parce que la question de l’UE, ça n’est pas que la question de la monnaie, c’est aussi la question de notre souveraineté législative".

Marion Maréchal-Le Pen a également déploré que la question de la politique pénale ait été "peu abordée".

Des sensibilités politiques différentes

Des manquements qui sonnent comme autant de reproches tacites de la part de l’élue du Vaucluse à l'égard de sa tante.

Et qui rappellent les différentes sensibilités politiques des deux femmes: d’un côté Marion Maréchal-Le Pen, plus portée sur les sujets identitaires et de société, de l’autre Marine Le Pen (et son vice-président Florian Philippot), pour qui les enjeux économiques sont plus centraux.

Un clivage qui structurerait même profondément le parti frontiste, selon les observateurs, en dépit des dénégations de ses dirigeants. Sur le plateau de la matinale de LCI vendredi, Marion Maréchal-Le Pen a encore nié ces divergences:

"Je réfute d’ailleurs totalement l’analyse qui voudrait qu’il y ait soi-disant des courants antagonistes au sein du Front national, je crois que nous avons révélé notre cohésion au sein de cette campagne".

"40%, l'objectif minimum"

Il n’empêche que contrairement aux cadres frontistes qui disent espérer une victoire surprise de Marine Le Pen (en dépit des sondages), sa nièce affiche des ambitions beaucoup plus mesurées.

Interrogée par Boursorama sur le fait de savoir si "plus de 40%" des voix au deuxième tour serait une victoire pour la cheffe du FN, Marion Maréchal-Le Pen a répondu:

"Ce serait déjà une énorme victoire! C’est l’objectif minimum. L’objectif, c’est la victoire et à défaut, c’est vrai que 40% nous positionnerait particulièrement bien pour être l’opposition ou même la majorité dans cette Assemblée (aux législatives, NDLR)".

"Aucune envie" de se présenter en 2022

Les "marionnistes" qui l’imaginent en future candidate du FN à la présidentielle risquent en tout cas d’être déçus. Celle qui a déclaré vouloir à terme arrêter la politique a expliqué ce vendredi sur LCI:

"Ce n’est pas à l’ordre du jour. Je n’en ai absolument aucune envie. Marine Le Pen est une jeune candidate".

Différente, peut-être, mais pas déloyale, Marion Maréchal-Le Pen s’en tient à son crédo. Jusqu'au "nouvel ordre du jour"?

G. de V.