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Ce qu'il faut retenir du débat entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen

Le débat d'entre deux-tours entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron a été particulièrement tendu, ce mercredi soir, voire inaudible par moment. Voici ce qu'il faut retenir de cet affrontement à quatre jours du second tour de la présidentielle.

L'événement était très attendu, mais il n'aura peut-être pas été à la hauteur. A quatre jours du second tour de la présidentielle, les échanges entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont été houleux ce mercredi soir, le débat sombrant par moment dans le chaos, alors que les candidats se coupaient la parole et s'invectivaient à tour de rôle. Tour d'horizon des moments marquants de cette soirée.

> Un débat virulent dès les premières secondes

Le débat télévisé entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen a tourné au pugilat dès les premières secondes. La candidate du Front national, désignée par tirage au sort pour ouvrir les échanges, a profité de l'introduction pour s'en prendre immédiatement à son adversaire, qu'elle s'est obstinée à présenter en héritier du quinquennat de François Hollande. 

"Monsieur Macron est le candidat de la mondialisation sauvage, de l'ubérisation, de la précarisation, du communautarisme, de la guerre de tous contre tous", "tout cela piloté par monsieur Hollande à la manœuvre", a lancé Marine Le Pen, sourire constant aux lèvres, à son adversaire qu'elle a appelé "monsieur le ministre de l'Economie, monsieur le conseiller de M. Hollande".

"Vous n'êtes pas la candidate de l'esprit de finesse" ni "de la volonté d'un débat démocratique équilibré et ouvert", a ironisé Emmanuel Macron, accusant de "porter l'esprit de défaite". 

> Un échange houleux sur l'euro

L'antagonisme entre les deux candidats s'est exprimé en particulier sur l'euro. Marine Le Pen a de nouveau défendu son idée d'une double monnaie, l'une "nationale", utilisée par les Français, l'autre réservée à la Banque centrale européenne ou aux "grandes entreprises".

"L'euro, c'est la monnaie des banquiers, ce n'est pas la monnaie du peuple", et "c'est la raison pour laquelle il faut que l'on arrive à s'arracher à cette monnaie", a affirmé la candidate du FN et eurodéputée.

Emmanuel Macron a dénoncé la sortie de l'euro comme un "projet mortifère et dangereux". Il a ensuite qualifié de "bidouillage" les tractations à ce sujet entre Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan en fin de semaine dernière, dénotant d'après lui d'une "impréparation crasse" de la candidate. Il a également décrit Marine Le Pen comme la "grande prêtresse de la peur". 

"Une grande entreprise ne pourra pas payer en euros d'un côté et payer ses salariés de l'autre en francs. Ca n'a jamais existé, madame Le Pen. C'est du grand n'importe quoi", a rétorqué le candidat d'En Marche!

> Et plus virulent encore sur le terrorisme

Sur la question du terrorisme, les deux candidats ont fait preuve d'une plus grande virulence encore. Emmanuel Macron a notamment essuyé les attaques de son adversaire, qui l'a accusé de complaisance envers le fondamentalisme islamique. Marine Le Pen lui a aussi reproché de n'avoir "aucune proposition qui tienne la route" pour assurer la sécurité des Français. 

"Vous vous êtes présenté à l'élection présidentielle et vous n'avez même pas un programme constitué et sérieux", a-t-elle attaqué.  "Je ne tombe pas comme vous dans le piège des sauts de cabris", a répondu Emmanuel Macron, qui a estimé avoir toujours pris "ses responsabilités".

> La pique de Macron sur le comportement de Le Pen avec les journalistes

En plein échange sur la polémique déclenchée par Marine Le Pen sur la rafle du Vel d'Hiv début avril, le candidat d'En Marche! a accusé son adversaire de choisir les journalistes qui l'interrogent. Alors que la candidate du Front national se défendait d'avoir évoqué elle-même la question du Vel d'Hiv, Emmanuel Macron a sauté sur l'occasion pour faire allusion à Anne-Claire Coudray, qui aurait été évincée du débat sur demande de la candidate. 

"Oui, c’est vrai, c’est un journaliste que vous n’aviez peut-être pas choisi et que vous avez laissé vous interroger librement", a commencé Emmanuel Macron. "Je n’en choisis pas beaucoup, vous savez. Je sais que vous, vous pouvez les choisir, mais moi ça ne m’arrive jamais", s'est défendue Marine Le Pen. "Ce n’est pas moi qui ai récusé un journaliste pour ce débat", a rétorqué son adversaire, mettant fin à cet échange. 

> Emmanuel Macron jugé plus convaincant que Marine Le Pen

D'après un sondage Elabe pour BFMTV réalisé auprès de 1.314 téléspectateurs, Emmanuel Macron a été jugé le plus convaincant (63%), Marine Le Pen n'ayant convaincu que 34% des personnes interrogées. 

dossier :

Marine Le Pen

Charlie Vandekerkhove