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Européennes: Emmanuel Macron, premier président à s'afficher sur la profession de foi de la liste de son parti

Emmanuel Macron apparaît en bas de la profession de foi de la liste LaREM.

Emmanuel Macron apparaît en bas de la profession de foi de la liste LaREM. - Capture d'écran / LaREM

A la différence de ses prédécesseurs, le chef de l'Etat a décidé d'apparaître sur la profession de foi de la liste LaREM pour les élections européennes. Une manière de montrer son engagement dans la campagne.

Sa présence ne passe pas inaperçue, loin de là. Emmanuel Macron a décidé de s'afficher en grand sur la profession de foi de la liste LaREM pour les élections européennes le 26 mai prochain. Positionnée dans un large bandeau en bas du document, la photo du président est accompagnée d'une dédicace manuscrite dans laquelle il appelle à "bâtir une Renaissance européenne". 

Petit détail parmi d'autres qui montre la reprise en main de la campagne par Emmanuel Macron, la photo du chef de l'Etat est même plus grande que celle de Nathalie Loiseau. La tête de liste - qui a fait face à plusieurs polémiques et maladresses ces dernières semaines - apparaît désormais noyé au milieu des autres colistiers.

Et la reprise en main de la campagne de LaREM par le chef de l'Etat est plus profonde, la marque "En Marche" allant même jusqu'à éclipser le nom de la liste, Renaissance.

"La liste est déposée, donc le nom ne peut changer. Mais sur l'affiche, il a été relégué en bas et c'est En Marche, donc EM donc Emmanuel Macron, qui est mis en avant," note notre éditorialiste Christophe Barbier.

Une photo inédite

La présence du chef de l'Etat sur une profession de foi pour les élections européennes est pour le moins inhabituelle. Les prédécesseurs d'Emmanuel Macron ne s'étaient d'ailleurs pas risqué à apparaître de cette façon dans la campagne.

"Ils ont préféré mettre en avant Macron et son parti plutôt que la majorité présidentielle et la liste Renaissance, qui n’évoquent rien aux gens", analyse dans Le Parisien Christian Delporte. Selon l’historien et spécialiste de la communication, cette stratégie peut s'avérer risquée car le président pourrait "susciter un vote de rejet".

En 2014, François Hollande, miné par une côte de popularité déjà très basse deux ans après son élection, avait ainsi choisi de ne pas se mêler à cette bataille. La seule incursion du chef de l'Etat s'était résumée à une tribune publié dans Le Monde où il avait affirmé: "sortir de l'Europe, c'est sortir de l'histoire". 

De son côté, le Parti socialiste avait décidé d'afficher sur son document de campagne Martin Schulz, ancien président du Parlement européen et candidat à l’époque à la présidence de la commission européenne. Aucune mention à François Hollande ne figurait dans le texte de la profession de foi.

En 2014, Martin Schulz, président du Parlement européen apparaissait sur la profession de foi du PS.
En 2014, Martin Schulz, président du Parlement européen apparaissait sur la profession de foi du PS. © Capture d'écran / Parti socialiste

Macron, président "de tous les Français"

Cinq ans plus tôt, en 2009, Nicolas Sarkozy avait pour sa part choisi une stratégie inverse. L'ancien président s'était fortement investi dans la campagne. Il avait notamment participé à un meeting à Nîmes et son portrait s'affichait en grand sur un tract national de l'UMP. 

Cependant, sur la profession de foi, seul son nom était cité à une reprise. "L’Europe doit changer. Une autre Europe est possible. La présidence française l’a prouvé. Nicolas SARKOZY a commencé à changer l’Europe", pouvait-on lire à l'époque dans ce document.

Avec ce choix, Emmanuel Macron s'engage donc de façon inédite dans les élections européennes, ce qui pose question au sein de même de la majorité.

"Ce n’est pas au président de mener campagne. Macron est le président de tous les Français, pas celui d’un clan ou d’un parti", avertit ainsi dans Le Monde un parlementaire, inquiet de voir le président s'investir autant dans la campagne. 
Benjamin Rieth