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Comment Poutou s'est démarqué lors du débat en dénonçant les affaires

Le candidat du NPA s'en est pris frontalement à François Fillon et Marine Le Pen, impliqués tous deux dans des affaires judiciaires.

C'est la séquence que l'on retiendra du débat de mardi soir. La confrontation entre les onze candidats était l'occasion pour les moins connus de faire parler d'eux et de leur programme. Parmi eux, Philippe Poutou a profité de cette opportunité pour s'en prendre frontalement à François Fillon et Marine Le Pen en dénonçant les affaires qui minent la campagne présidentielle. 

Dénonçant les "politiciens corrompus, déconnectés de la réalité", le candidat du NPA a d'abord ironisé sur Serge Dassault, récemment condamné pour blanchiment de fraude fiscale, qui bénéficie d'une "clause humanitaire", car "trop vieux pour faire de la prison". Il a aussi évoqué Patrick Balkany, le maire de Levallois-Perret, visé par une vaste enquête du parquet de Paris sur son patrimoine, qui lui vaut d’être mis en examen dans plusieurs de ses volets.

"Plus on fouille, plus on sent la corruption"

Mais surtout, Philippe Poutou s'en est ensuite pris à François Fillon et à Marine Le Pen, présents à ses côtés.

"Question moralité en politique on est servis depuis quelques temps. (…) Là, depuis janvier, c’est le régal, une campagne super: Fillon, voilà il est en face de moi", a-t-il lancé, avant de poursuivre sa diatribe, très commentée sur les réseaux sociaux. 

"Que des histoires, plus on fouille, plus on sent la corruption, plus on sent la triche. En plus c’est des bonhommes qui nous expliquent qu’il faut la rigueur, qu’il faut l’austérité, et eux-mêmes piquent dans les caisses publiques, donc il y a quand même un petit problème de ce côté-là", a-t-il déclaré à l'adresse du candidat Les Républicains, mis en examen, au même titre que son épouse, dans l'affaire des emplois fictifs présumés de Penelope Fillon de deux de leurs enfants. 

"Nous n'avons pas d'immunité ouvrière"

"Eh, Monsieur Poutou, on n'accuse pas comme ça", a rétorqué François Fillon. Un peu plus tard lors du débat, alors que le candidat du NPA l'accusait de "se servir dans les caisses", François Fillon a menacé de le poursuivre en justice.

"Je vais vous foutre un procès", a-t-il lâché. 

Marine Le Pen, dont le parti est impliqué dans différentes affaires judiciaires, dont une visant le financement de plusieurs campagnes, et une autre portant sur des emplois fictifs présumés au Parlement européen, n'a pas été épargnée par la pugnacité de Philippe Poutou.

"Il y aussi Le Pen, elle va peut-être réagir aussi. Alors là, on pique dans les caisses publiques. C’est pas ici, c’est l’Europe, pour quelqu’un qui est anti-européen, ça ne la gêne pas de piquer de l’argent de l’Europe. Le FN se dit anti-système mais se protège grâce aux lois du système avec son immunité parlementaire et refuse d'aller aux convocations policières, donc peinard!", a lancé Philippe Poutou.

"Nous, quand on est convoqués par la police, nous n'avons pas d'immunité ouvrière, on y va", a conclu celui qui est ouvrier chez Ford. 

Encouragé par les applaudissements de son public, Philippe Poutou a plusieurs fois mis en pratique son sens de la formule. "Ce n'est pas parce que je n'ai pas de cravate qu'il faut m'interrompre", a notamment ajouté le candidat, qui avait opté pour un simple t-shirt à manches longues.

Charlie Vandekerkhove