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Attaque au couteau: Marine Le Pen juge les fiches S inutiles

Marine Le Pen

Marine Le Pen - YANN COATSALIOU / AFP

Selon Marine Le Pen, les "fiches S" ne "servent à rien" puisqu'elles ne permettent pas de "mettre hors d'état de nuire" les terroristes potentiels.

Faute de s'en servir pour "sévir", à quoi bon avoir des "fiches S"? Ces documents "administratifs", qui permettent de repérer des individus présentant un risque d'atteinte à la "sûreté de l'Etat", comme l'auteur de l'attaque au couteau samedi à Paris, "ne servent à rien", a estimé lundi Marine Le Pen.

Ces fiches "ne permettent pas de déclencher la mise hors d'état de nuire de ceux dont nous sommes absolument convaincus, à charge éventuellement pour un juge de s'en convaincre également, qu'ils sont précisément des soldats d'une idéologie (...) dont l'objectif est de commettre des exactions et des attentats sur notre sol", a affirmé sur Radio Classique la présidente du Front national.

Les "fiches S", sur lesquelles le FN fondait jusqu'ici ses propositions pour lutter contre le terrorisme, seraient donc devenues inutiles, à en croire la fille de Jean-Marie Le Pen.

"Roulette russe"

"La stratégie du gouvernement consistant à dire 'le mieux c'est de les garder sur le territoire pour pouvoir surveiller'", c'est jouer "à la roulette russe", a jugé Marine Le Pen, qui a proposé à nouveau "d'expulser manu militari les étrangers radicalisés" et la mise en place de "procédures spécifiques".

La dirigeante frontiste a déploré que le gouvernement n'ait "rien changé (aux) critères pour accorder le droit d'asile, (...) de naturalisation". "On se retrouve avec des radicalisés qui ont obtenu la nationalité française après avoir obtenu le statut de réfugié, et cela en quelques années".

Pas d'antécédent judiciaire

Khamzat Azimov, l'auteur de l'attaque au couteau revendiquée par le groupe Etat islamique, qui a tué un passant samedi soir à Paris, est un Français de 20 ans né en Tchétchénie, qui était fiché S depuis l'été 2016. Il avait été naturalisé en 2010.

Le fichier "S" regroupe plus de 10.000 personnes, dont pour moitié environ des islamistes radicaux ou des individus pouvant avoir un lien avec la mouvance terroriste.

L'assaillant, qui "n'avait pas d'antécédent judiciaire", était en outre inscrit au FSPRT, le fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation islamiste, "plutôt" en raison de "ses relations" que de "son propre comportement, ses agissements et prises de position", selon une source proche du dossier.

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L.N. avec AFP