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Alliance Macron-Bayrou: les "fillonistes" ont reçu leurs éléments de langage

François Fillon et ses proches lors du Conseil national du parti "Les Républicains".

François Fillon et ses proches lors du Conseil national du parti "Les Républicains". - THOMAS SAMSON - AFP

L'équipe de campagne de François Fillon a réagi à la confirmation de l'alliance d'Emmanuel Macron et de François Bayrou. Elle a envoyé ce jeudi un argumentaire aux parlementaires proches du candidat.

L'alliance scellée entre François Bayrou et le leader d' "En marche!" menace directement les intérêts du candidat de la droite et du centre à la présidentielle, François Fillon. Dans un sondage paru ce jeudi, Emmanuel Macron devance même, à nouveau, François Fillon dans les intentions de votes au premier tour du scrutin. En conséquence, les proches du député élu à Paris doivent faire vite pour étouffer ce début d'embrasement politique.

Une répétition de la campagne de 2012?

Le "pôle élus" de la campagne de François Fillon a donné ce jeudi après-midi aux parlementaires partisans de ce dernier les moyens de mener une contre-offensive envers ce binôme inédit. L'instance leur a ainsi rédigé des éléments de langage (c'est-à-dire un argumentaire) afin de discréditer cette initiative née à deux mois de l'élection. Ces éléments sont au nombre de six. 

Tout d'abord, le document diffusé veut voir dans le renoncement de François Bayrou en faveur d'Emmanuel Macron un bis de l'entre-deux tours de 2012 où François Bayrou avait choisi François Hollande contre Nicolas Sarkozy: "François Bayrou s’allie pour la deuxième fois avec François Hollande, en choisissant son fils spirituel, Emmanuel Macron." Ce qui amène naturellement, le parti "Les Républicains" a lire dans l'événement que le président du MoDem n'est pas du centre mais "de gauche". Car, de centre, il ne saurait n'y en avoir qu'un, continue le message: "Le centre, c’est l’UDI, et il est uni derrière François Fillon."

"Et maintenant, il lui fait une 'offre d’alliance' ?"

Si c'est trois points portent sur une vision globale de la scène politique et de son histoire récente, les arguments suivants s'attachent davantage au discours du maire de Pau et à ses contradictions supposées. Il est ainsi écrit qu'il est "étonnant" de voir le champion de la lutte contre les conflits d'intérêt et de la "dissociation de la politique" vis-à-vis des "puissances de l'argent" nouer un pacte avec un ancien banquier chez Rothschild, par ailleurs "candidat d'Alain Minc et de Pierre Bergé". 

Le document n'oublie pas qu'il y a quelques mois à peine, François Bayrou ne montrait pas de retenue quand il s'agissait d'évoquer Emmanuel Macron, en qui il voyait le candidat des "forces de l'argent". "Et maintenant, il lui fait une 'offre d’alliance' ?" s'indigne le texte. 

Le message accuse amèrement François Bayrou, "toujours si prompt à donner des leçons à tout le monde" est-il écrit, d'avoir "aussi peu de colonne vertébrale qu’Emmanuel Macron". Pour finir, il est suggéré aux proches de François Fillon de demander que lumière soit faite sur l'objet d'éventuelles négociations entre les deux hommes. 

Robin Verner avec Agathe Lambret