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Sid Ahmed Ghlam a pu passer des coups de fil en prison pendant des mois

Entre juillet et novembre 2015, l'étudiant franco-algérien soupçonné d'avoir projeté un attentat contre au moins une église à Villejuif a pu passer des "milliers" de coups de téléphone, selon les informations du Figaro. Et ce alors qu'il était placé en cellule d'isolement à Fresnes.

En théorie, ce régime très strict est censé empêcher un individu d'approcher les autres détenus. Placé à l'isolement à la prison de Fresnes, Sid Ahmed Ghlam, soupçonné d'avoir projeté un attentat à Villejuif, est tout de même parvenu à mettre la main sur un téléphone portable. Et pendant ses six premiers mois de détention, le meurtrier présumé d'Aurélie Châtelain a pu communiquer avec l'extérieur sans être inquiété, révèle ce vendredi le Figaro.

Ainsi, entre juillet et novembre 2015, l'étudiant en informatique aurait échangé des "milliers de conversations" depuis sa cellule de Fresnes, écrit le quotidien. Des appels qui se seraient brusquement interrompus le 13 novembre 2015, le jour des attaques jihadistes qui ont fait 130 morts dans la capitale.

Deux puces téléphoniques et des documents papier

Lors de deux fouilles dans la cellule de Sid Ahmed Ghlam, les services pénitentiaires de Fresnes retrouvé deux puces téléphoniques, dont une neuve. Mais ce n'est pas tout. Selon Le Figaro, les surveillants ont découvert une série de documents en papier "retraçant des organigrammes et les pedigrees d'individus partis pour la Syrie" et "plusieurs noms impliqués dans les attentats du 13 novembre".

Mais le parquet antiterroriste n'aurait pas jugé nécessaire de verser ces pièces, qui ont été passées au peigne fin par les services de renseignement, à la procédure sur les attaques de novembre, précise le quotidien. 

Ghlam jugé pour détention de matériel interdit? 

Sid Ahmed Ghlam, qui a été transféré au centre pénitentiaire de Beauvais il y a quinze jours, devrait être renvoyé en correctionnelle pour détention de matériel interdit en prison. Ce Franco-Algérien de 24 ans, avait été arrêté le 19 avril 2015 après s'être tiré une balle dans la jambe. Dans sa voiture et sa chambre, la police avait découvert quatre kalachnikovs, deux armes de poing, des gilets pare-balles.

L'analyse de son matériel informatique a montré que le Franco-Algérien, signalé pour ses velléités de départ en Syrie, projetait d'attaquer le jour de son arrestation une église à Villejuif, trois mois après les attentats de janvier. Le plan a capoté mais il a fait une victime collatérale: Aurélie Châtelain, 32 ans, a été retrouvée morte sur le siège passager de sa voiture, tuée par balle, près d'un hôtel.

Un an après, les enquêteurs cherchent toujours à identifier le ou les commanditaires du meurtre. Ils s'interrogent notamment sur le rôle joué par Fabien Clain, le vétéran du jihadisme français qui a enregistré la revendication audio des attentats de novembre.

C. P.