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Prêtre égorgé: ce que l'on sait de l'attaque de Saint-Etienne-du-Rouvray

Un prêtre octogénaire a été égorgé et une autre personne très grièvement blessée lors de l'attaque menée mardi contre l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, en Seine-Maritime, près de Rouen. Retour sur cette nouvelle journée d'horreur.

Deux hommes ont retenu six personnes en otage dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray, en Seine-Maritime, mardi matin. Ils ont été abattus par la police. Un otage est décédé et un autre est grièvement blessé.

Ce qu'il s'est passé

Deux hommes porteurs d'armes blanches ont surgi dans l'église de cette commune de 29.000 habitants située dans l'agglomération de Rouen à l'heure de la messe matinale, vers 09h25. Ils ont pris en otages six personnes, le prêtre, trois religieuses et un couple de paroissiens. L'une des religieuses est parvenue à prendre la fuite et à donner l'alerte.

La brigade d'intervention (BRI) et une brigade anti-criminalité, arrivées sur place, ont tenté d'entamer une négociation avec les terroristes. Les policiers ont ensuite tenté une incursion, sans succès. Peu après, trois otages - les deux religieuses et une paroissienne - sont sortis de l'église suivis par les deux terroristes criant "Allahou Akbar", dont l'un portait une arme de poing. Les deux assaillants ont été tués par la BRI.

L'un d'eux a été trouvé porteur d'un faux engin explosif et de trois couteaux, l'autre qui tenait dans la main un minuteur de cuisine portait un sac à dos à l'intérieur duquel a été trouvé un faux engin explosif. Dans l'église, ont été retrouvés le corps du prêtre, tué par arme blanche à la gorge et au thorax et celui d'un paroissien âgé de 86 ans, blessé par arme blanche à la gorge. Il a été hospitalisé, ses jours ne seraient pas en danger.

Selon le témoignage de la religieuse parvenue à s'enfuir, les terroristes se sont "enregistrés" au moment du crime, l'un a fait "un peu comme un sermon autour de l'autel en arabe" avant l'assassinat du prêtre.

Les deux auteurs

L'attaque a été perpétrée par "deux terroristes se réclamant de Daech", a affirmé le président François Hollande. Le groupe terroriste les a ensuite présentés comme deux de ses "soldats".

L'un des deux auteurs a été formellement identifié après comparaison de ses empreintes papillaires comme étant Adel Kermiche, 19 ans, né à Mont-Saint-Aignan, en Seine-Maritime, a indiqué le procureur de Paris François Molins. Sans mention à son casier judiciaire, il était connu de la justice depuis qu'un membre de sa famille avait signalé sa disparition en mars 2015. Le jeune homme a été interpellé le jour même par les autorités allemandes alors qu'il utilisait l'identité de son frère pour se rendre en Syrie.

Placé en garde à vue à son arrivée en France le 23 mars suivant, il sera mis en examen pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un acte terroriste et placé sous contrôle judiciaire avec l'interdiction de quitter le département. Mais un mois et demi plus tard, il avait de nouveau quitté le domicile familial et un mandat d'arrêt était délivré à son encontre. Localisé et interpellé en Turquie le 13 mai en provenance de Genève avec la carte d'identité de son cousin, il est expulsé vers la Suisse puis vers la France. A nouveau mis en examen, il est placé en détention provisoire jusqu'au 18 mars 2016, date à laquelle un juge antiterroriste ordonne son placement sous contrôle judiciaire avec assignation à résidence sous surveillance électronique. Le parquet a fait appel de cette décision, sans succès.

L'identification du second terroriste tué par les services de police est toujours en cours. Une carte d'identité a été trouvée sur les lieux, avait précisé à l'AFP une source policière. 

L'enquête

La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête, confiée à la Sous-direction antiterroriste (SDAT) et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Un mineur de 16 ans né en Algérie a été placé en garde à vue. Il s'agit du frère cadet d'un individu faisant l'objet d'un mandat d'arrêt pour être parti sur la zone irako-syrienne le 29 mars 2015 avec les papier d'identité d'Adel Kermiche. Deux perquisitions ont été menées à Saint-Etienne-du-Rouvray, notamment au domicile d'un des auteurs présumés.

Les victimes

  • Le père Jacques Hamel, prêtre auxiliaire de la paroisse âgé de 86 ans, a été égorgé. Selon le site du diocèse de Rouen, il était né en 1930 à Darnétal, une commune de Seine-Maritime. Ordonné prêtre en 1958, il avait fêté son jubilé d'or en 2008. Lui qui avait été curé de la paroisse de cette ancienne cité ouvrière il y a une dizaine d'années avait choisi de rester dans la commune après sa retraite. Il résidait à proximité de l'église.

La cible

Les lieux de culte, parmi lesquels les 45.000 églises catholiques en France, figurent parmi les cibles de l'organisation djihadiste. L'attaque de mardi rappelle le projet d'attentat visant une église catholique de Villejuif, dans le Val-de-Marne, déjoué en avril 2015 et attribué à un étudiant algérien, Sid Ahmed Ghlam, arrêté avant d'avoir pu mettre son projet à exécution. L'homme est soupçonné d'avoir voulu frapper plusieurs lieux chrétiens en région parisienne et d'avoir tué Aurélie Châtelain, professeure de fitness.

>> Notre dossier sur l'attentat à Saint-Etienne-du-Rouvray

C.H.A. avec AFP