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Attentat à Saint-Etienne-du-Rouvray: que sait-on des assaillants?

Saint-Etienne-de-Rouvray a connu mardi une prise d'otages terroriste.

Saint-Etienne-de-Rouvray a connu mardi une prise d'otages terroriste. - Capture BFMTV

L'un des deux assaillants de l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray a été reconnu par des témoins et des policiers. Son identité a été confirmé. Il s'agit d'un homme qui avait pour projet de partir en Syrie.

Mardi matin, deux hommes se sont introduits dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray, en Seine-Maritime, pendant la messe matinale. Ils ont pris en otage cinq personnes, égorgé l'une d'elles, le prêtre de l'église, et grièvement blessée une autre avant d'être abattus par les hommes de la Brigade d'intervention et de recherche de Rouen déployés sur les lieux.

L'enquête, confiée à la sous-direction antiterroriste (SDAT), débute à peine. Dans la soirée de mardi, le procureur de la République de Paris, François Molins, a tenu un point presse donnant plus de précisions sur le déroulé de l'attaque mais également sur le profil de l'un des deux assaillants, Adel Kermiche.

> L'un des assaillants a tenté de se rendre en Syrie

L'un des terroristes qui a pénétré dans l'église de cette commune de Seine-Maritime a été reconnu par des témoins et des policiers présents sur place. Il a été formellement identifié en fin de journée. Agé de 19 ans, Adel Kermiche était déjà connu des services de police et avait été l'objet d'une fiche S. En mars 2015, encore mineur, il tente une première fois de rallier la Syrie. Sa disparition est signalée par l'un de ses proches, il est alors interpellé en Allemagne alors qu'il utilisait la carte d'identité de son frère. 

Mis en examen le 28 mars 2015 pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, il est placé sous contrôle judiciaire avec notamment l'interdiction de quitter le département de la Seine-Maritime. Un régime qu'il va violer en tentant de repartir pour la Syrie. Un mandat d'arrêt international est établi à son encontre. Le 13 mai 2015, en provenance de Suisse, il est localisé en Turquie. cette fois-ci il portait sur lui la carte d'identité de son cousin. Remis aux autorités françaises, il est à nouveau mis en examen et placé en détention provisoire.

> Adel Kermiche portait un bracelet électronique

Cette mise en examen met fin à sa surveillance dans le cadre de sa fiche S. Pour ne pas porter "atteinte aux droits de la défense", les services ne peuvent "plus suivre ni intercepter les gens les plus dangereux dès lors qu'ils sont mis en examen", rappelait Patrick Calvar, le patron de la sécurité intérieure devant la commission d'enquête parlementaire sur les attentats.

Le 18 mars 2016, le contrôle judiciaire d'Adel Kermiche était révoqué. Il était remis en liberté sous surveillance électronique. Le parquet antiterroriste avait fait appel de cette décision sans succès, a précisé François Molins. Des obligations strictes lui étaient toutefois imposées. Il devait pointer chaque semaine dans un commissariat et avait une permission de sortie de 8h30 à 12h30, du lundi à vendredi. Il a commis son acte meurtrier dans ce créneau et dans sa ville d'assignation, son bracelet n'a donc pas sonné.

> Un deuxième assaillant non identifié

L'enquête devra déterminer l'identité du second assaillant qui était présent lors de la prise d'otages qui a mené à la mort du père Jacques Hamel. Selon nos informations, cet homme, abattu par les forces de police, a été défiguré au cours de l'intervention. Rendant compliqué son identification. L'homme tenait dans sa main un minuteur de cuisine entouré d'aluminium. dans son sac à dos un faux engin explosif a été découvert.

> Deux perquisitions et une interpellation

Deux perquisitions ont été menées par les policiers à deux endroits de Saint-Etienne-du-Rouvray. Selon nos informations, le Raid, assisté de chiens, d'un drone et d'un robot, se sont rendus au domicile du premier terroriste qui se situe à deux kilomètres de l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray. Des voisins ont confié ne pas être étonné que l'homme est impliqué dans cet acte de terrorisme.

Une autre perquisition, avenue Olivier Goubert, a été menée après l'interpellation d'un jeune homme de 17 ans en fin de matinée vers 11h40 aux abords de l'église, a expliqué le procureur de la République de Paris. La famille de ce dernier est connue des services de police. Son frère, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt international, est parti en Syrie en 2015 avec les papiers d'identité d'Adel Kermiche.

> Une attaque revendiquée par Daesh

De ces deux hommes, on sait qu'avant de mourir, ils se sont tous deux réclamés de Daesh et ont crié "Allahou Akbar". La Soeur Danielle, présente dans l'église au moment de l'arrivée des terroristes et qui a pu donner l'alerte, raconte que les deux assaillants ont proféré "un sermon en arabe" avant d'ordonner au prêtre de se mettre à genoux. Dans son communiqué, Daesh les a présentés comme deux de ses "soldats".

J.C. avec Cécile Ollivier