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Les forces de l'ordre, cibles privilégiées des terroristes

Exposées par les patrouilles du plan Vigipirate et de l'opération Sentinelle, les forces de l'ordre sont des cibles privilégiées des attaques terroristes. Ce lundi, les gendarmes ont été la cible d'une tentative d'attentat.

"Les policiers, les militaires sont des cibles faciles, très visibles, ce sont un peu des 'chiffons rouges' pour les terroristes", constate sur notre antenne l'ancien préfet Hugues Moutouh. Ce mardi, un homme a attaqué un policier au marteau sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris, avant d'être blessé par le tir de riposte d'un gardien de la paix. Depuis le début de la vague d'attentats jihadistes, notamment marquée par l'assassinat de militaires par Mohammed Merah en 2012, les représentants sont des cibles récurrentes. En l'espace d'un an, l'attaque de Notre-Dame est la cinquième visant spécifiquement un représentant de l'ordre.

Le 19 juin 2017, un homme, conduisant une Renault Mégane, met le feu à sa voiture puis fonce sur un fourgon de gendarmes en mouvement sur les Champs-Elysées, à Paris. Il ne fait aucun blessé mais perd la vie dans son attentat. Selon le journaliste Dominique Rizet, c'est "la première attaque" visant des gendarmes. 

> Le 20 avril 2017, peu avant 21 heures, Karim Cheurfi, 39 ans, tire au nom de Daesh sur quatre policiers postés à l'entrée du 102 avenue des Champs-Élysées à Paris pour protéger l'office du tourisme de Turquie. Muni d'une Kalachnikov, il blesse deux brigadiers et tue Xavier Jugelé, alors au volant du car de police, avant d'être abattu par des tirs de riposte.

> Le 18 mars 2017, vers 8h30, Ziyed Ben Belgacem parvient à s'emparer de l'arme d'une militaire en faction pour l'opération Sentinelle, qu'il prend en otage. Il est abattu par les autres militaires de la patrouille. Un peu plus tôt dans la matinée, aux alentours de 6h50 du matin à Garges-lès-Gonesse, avait blessé un policier avec un pistolet à grenaille lors d'un contrôle de police. Il avait ensuite été repéré à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), où il a commis un "car-jacking" en criant ""au nom d'Allah".

> Le 3 février 2017, Abdallah El-Hamahmy, un Égyptien de 29 ans, agresse à l'arme blanche des militaires de l’opération Sentinelle au Carrousel du Louvre à Paris, en criant "Allah Akbar". Un des militaires est atteint au cuir chevelu. l'assaillant est ensuite grièvement blessé par les tirs de riposte des militaires.

Le 13 juin 2016, Larossi Abballa tue à leur domicile de Magnanville (Yvelines) Jean-Baptiste Salvaing, policier, et Jessica Schneider, agent administratif, trois semaines après avoir "prêté allégeance" au chef du groupe jihadiste Etat islamique. Il est abattu par le Raid, après avoir poignardé à mort Jean-Baptiste Salvaing et s'être retranché dans le pavillon du couple. Le corps de Jessica Schneider est alors découvert par la police. Leur enfant, âgé de trois ans, est quant à lui retrouvé, choqué, mais sain et sauf.

En plus d'incarner aux yeux des terroristes les "combattants" d'un Etat qu'ils souhaitent détruire, policiers et militaires sont particulièrement exposés par leur présence dans des lieux sensibles, dans le cadre de l'opération Sentinelle et du plan Vigipirate.

Sur BFMTV, Céline Berthon, secrétaire générale du syndicat des commissaires de police UNSA, s'inquiète:

"Les policiers sont maintenant ciblés depuis plus de deux ans. On a connu des pertes humaines terribles. Tous les policiers, y compris les jeunes, ont intégré dès leur formation initiale qu’ils pourront avoir à faire usage de leurs armes dans ce type de situation. (…) Maintenant, ça peut arriver à tout moment."

Louis Nadau