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Assaut, assaillant, Daesh: ce que l'on sait du meurtre des deux policiers 

Le meurtre des deux policiers lundi soir à Magnanville, dans les Yvelines, a été revendiqué par l'organisation terroriste Daesh. L'auteur de cette tuerie, abattu lors de l'assaut du Raid, a été identifié. Il s'agit d'un Français âgé de 25 ans. Voici toutes les informations qu'il faut retenir de ce double meurtre.

Emotion et indignation après le meurtre d'un couple de policiers lundi à Magnanville, dans les Yvelines. L'acte, qualifié de "terroriste" par François Hollande, a été revendiqué par l'organisation terroriste Daesh. Retour sur le déroulé de ce drame.

Le déroulé des événements

Lundi en début de soirée, un commandant de police âgé de 42 ans est tué à l'arme blanche dans cette petite ville de la banlieue parisienne. Il reçoit neuf coups de couteau alors qu'il rentrait chez lui après son service au commissariat des Mureaux. Le meurtrier présumé se retranche alors au domicile de la victime. Des forces d'intervention se rendent sur place et tentent d'entamer un dialogue.

  • Mais, comme le précise le porte-parole de la police nationale sur BFMTV, "la négociation a été brève parce qu'on était face à un individu qui n'avait absolument pas d'ambition de négociation", le forcené était "dans une logique d'affrontement, de quasi-suicide". Le Raid finit par donner l'assaut aux alentours de minuit: l'assaillant est abattu. Le corps d'une femme est alors découvert avec une plaie au cou. C'est l'épouse du policier, qui travaillait dans le commissariat de la ville. Leur enfant, âgé de trois ans, est quant à lui retrouvé, choqué, mais sain et sauf.

La revendication de Daesh

A peine quelques heures après le drame, l'agence Amaq, liée au groupe jihadiste, a affirmé qu'un "combattant de l'Etat islamique" (EI) avait tué le couple près de Paris, selon le centre américain de surveillance de sites jihadistes Site. Selon des sources policières, l'homme "s'est revendiqué du groupe jihadiste" durant les négociations avec le Raid. Des témoins ont par ailleurs rapporté aux enquêteurs qu'il aurait crié "allah akbar" en attaquant le policier.

Le tueur identifié

L'homme a été identifié comme étant Larossi Abballa, un Français âgé de 25 ans domicilié à Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines. Il était déjà connu des services de police. Condamné pour "association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes", le tueur avait écopé en 2013 de trois ans de prison dont six mois avec sursis pour sa participation à une filière jihadiste. Selon son avocat, qui l'avait côtoyé lors de ce procès, "c'était un garçon sans grande envergure, d'une intelligence moyenne". 

  • Il avait créé il y a peu une société de restauration rapide mais un changement s'était opéré il y a quelques mois sur sa page Facebook: sa photo de profil avait été remplacée par une image noire et plusieurs messages en lien avec l'islam radical avaient été postés.

Selon nos informations, Larossi Abballa avait été placé sur écoute en février 2015, alors que son nom apparaissait dans l'entourage d'un homme parti en Syrie avec toute sa famille. Toutefois, ces écoutes téléphoniques n'avaient donné aucun résultat.

La scène a été filmée

Le meurtrier a filmé ses crimes et ses victimes dans une vidéo qu'il a diffusée sur son profil Facebook. Elle a depuis été désactivée. Selon plusieurs sources, dont le journaliste David Thomson, Larossi Abballa a utilisé l'application Facebook Live, qui permet de diffuser en direct une vidéo sur une page personnelle, pour revendiquer ses actes. Il pose avec le bébé du couple, explique son geste, mentionne le nom du porte-parole de l'Etat islamique, précisant avoir répondu à ses appels. Le meurtrier énonce également une liste de cibles potentielles que les combattants de Daesh doivent viser. Evoquant des policiers, des gardiens de prison mais également des journalistes, dont il donne des noms. L'homme menace également l'Euro de football.

Perquisitions et garde à vue

Les perquisitions menées par la police au domicile de Larossi Abballa n'ont pas permis de découvrir d'armes ou d'explosifs, selon des informations de BFMTV. Toujours selon nos informations, deux personnes de l'entourage de l'auteur du double meurtre ont été placées en garde-à-vue dans le cadre de cette enquête.

  • Des condamnations unanimes

Les réactions d'indignation ont été nombreuses. François Hollande a dénoncé "un acte incontestablement terroriste". Le Premier ministre Manuel Valls a appelé à "l'unité" et "au rassemblement", invitant à "refuser la peur, combattre le terrorisme."

Drapeaux en berne

Le ministère de l'Intérieur a annoncé que ses drapeaux seraient en berne pendant trois jours à compter de ce mardi pour rendre hommage aux deux fonctionnaires de police. Les syndicats de policiers et des personnels administratifs de la police nationale seront reçus ce mardi à 18 heures place Beauvau. Une minute de silence sera par ailleurs observée dans tous les services du ministère mercredi, à 12h.

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C.H.A.