BFMTV

Ce que l'on sait de Jean-Pierre B., l'homme soupçonné de projeter une attaque contre Emmanuel Macron

Soutien de Nicolas Dupont-Aignan lors de l'élection présidentielle de 2017, Jean-Pierre B. aurait très mal vécu la défaite de l'extrême droite au second tour.

Soupçonnés de préparer une action violente contre le président de la République, quatre personnes présentées comme des sympathisants de l’ultradroite ont été arrêtées mardi dernier par la DGSI. Les enquêteurs ont décidé d'intervenir en apprenant que l'un des suspects, Jean-Pierre B., âgé de 62 ans, domicilié près de Grenoble, s'était déplacé "dans l'est" de la France, alors qu'Emmanuel Macron s'y trouvait pour les commémorations, selon une source proche du dossier consultée par l'Agence France-Presse (AFP). Lors de son interpellation en Moselle, il était en possession d'un poignard.

Ce négociant en bois à la retraite, animait pour le département de l'Isère la page Facebook des "Barjols", un groupe "patriotique" créé après l'élection de Macron en juin 2017 qui dénonce "les directives européennes", "l'immigration massive" et "la montée de l'islam", selon son président-fondateur Denis Collinet, contacté par l'AFP. Son mot d'ordre: "Ici, l'ACTION est la SOLUTION", peut-on lire sur la page Facebook nationale du groupe qui compte 4.770 abonnés.

"On n'est pas des terroristes"

Ex-"militant" du Rassemblement national, son responsable dit avoir "témoigné" auprès de la police pour réfuter le caractère "violent" du groupe et son appartenance à l'ultradroite.

"On n'est pas des terroristes (...) Nous sommes un groupe surtout apolitique de personnes, la plupart d'un certain âge qui ont vécu la vie. C'est sûr qu'il y a de la haine, mais pas au point de passer à la violence", a-t-il déclaré ce samedi.

"Je ne peux pas penser qu'il (Jean-Pierre B., ndlr) ait pu imaginer cela", soutient-il au sujet de son "ami" et ex-"bras-droit" qui a quitté le groupe il y a trois mois. Les deux hommes avaient fréquenté un temps un autre groupe, les FFU (forces françaises unifiées), fermé il y a un an, selon Denis Collinet.

"Il sait bien qu'il est impossible d'approcher Macron", ajoute-t-il, en qualifiant le président de "marionnette des oligarques". "Je suis pratiquement sûr qu'il est tombé dans un piège pour détruire le mouvement des patriotes", affirme-t-il. Que faisait-il en Moselle? Jean-Pierre B. y a de la famille, selon son ami.

Son épouse n'a "rien vu venir"

Soutenant Nicolas Dupont-Aignan lors de la présidentielle de 2017, Jean-Pierre B. aurait très mal vécu la défaite de l’extrême droite au second tour de l’élection, révèlent ainsi nos confrères du Point.

"Il n'était pas malade, juste fatigué ces derniers temps. Je n'ai rien vu venir", a assuré de son côté son épouse, toujours au Point. Avant d'ajouter: "Je n'adhérais pas à ses 'idées', il disait que j'étais un mouton comme le reste des Français. Je ne peux pas croire qu'il ait voulu attenter à la vie du président de la République. Je ne l'ai jamais vu violent en acte. Nous sommes ensemble depuis 1977."

Jean-Pierre B. et les trois autres personnes interpellées mardi doivent être présentées à un juge samedi en vue de leur mise en examen. Ce coup de filet est le troisième de la DGSI dans la mouvance de l’ultradroite. La menace d’une action violente de l’ultra droite est prise au sérieux par les autorités même si ses capacités d’action sont jugées "limitées", selon une note de la DGSI.

G.D. avec AFP