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Sept ans après la mort de sa famille, Xavier Dupont de Ligonnès reste introuvable

Xavier Dupont de Ligonnès a été filmé à Roquebrune-sur-Argens le 14 avril 2011.

Xavier Dupont de Ligonnès a été filmé à Roquebrune-sur-Argens le 14 avril 2011. - AFP

Le 21 avril 2011, les corps d'Agnès, Arthur, Thomas, Anne et Benoît de Ligonnès étaient découverts, enveloppés dans des draps, sous la terrasse de leur maison à Nantes. Introuvable, le père, Xavier, apparaît comme le principal suspect dans cette tuerie. Sa trace a été perdue dans le Var il y a près de sept ans.

Retrouvera-t-on un jour Xavier Dupont de Ligonnès? A chaque nouvelle information sur cette affaire mystérieuse, à chaque nouvelle piste évoquée, et surtout à chaque nouvelle hypothèse qui ne se confirme pas, la question se pose. Ce mardi, le nom du père de famille soupçonné d'avoir tué femme et enfants, puis de les avoir enterrés sous la terrasse de leur maison à Nantes, s'affiche en gros dans la presse. Deux fidèles croient l'avoir vu lors d'une messe dans le monastère Saint-Désert-des Carmes à Roquebrune-sur-Argens, dans le Var. Des témoignages suffisants pour déclencher une opération policière discrète dans l'institution religieuse. En vain. Xavier Dupont de Ligonnès reste introuvable.

Le début de cette affaire criminelle non élucidée, l'une des plus mystérieuses de ces dernières années, remonte à avril 2011. C'était le 3 avril. Ce soir-là, Xavier, Agnès et trois de leurs enfants vont dîner au restaurant. C'est la dernière fois qu'ils sont vus vivants. Les enquêteurs établissement leur mort dans la nuit du 3 au 4 avril. Il aurait dîner le lendemain avec son second fils qui aurait été tué dans la soirée. Agnès, Arthur, Thomas, Anne et Benoît ont ingéré des somnifères avant d'être tués de manière méthodique dans leur sommeil. Leur corps a été découvert le 21 avril. Méthodique, c'est également le mot utilisé par les enquêteurs pour décrire la manière dont Xavier Dupont de Ligonnès a organisé la disparition de sa famille.

Filmé pour la dernière fois le 14 avril 2011

Un an avant le drame, Xavier Dupont de Ligonnès envoie un email à deux proches. Il y évoque ses difficultés professionnelles et financières. "Si ça tourne mal, je n’ai que deux solutions, me foutre en l’air avec ma voiture ou foutre le feu à la baraque quand tout le monde dort, écrit-il notamment, d'après le livre Le Disparu. "Je serai donc fin août - début septembre, au pied du mur avec une décision définitive à prendre: suicide seul ou suicide collectif…" Il y a ensuite ces lettres envoyées aux employeurs d'Agnès et d'Arthur, aux écoles d'Anne et Thomas. Et il y a ce courrier aux proches indiquant que la famille partait aux Etats-Unis. Xavier Dupont de Ligonnès y explique travailler pour les autorités américaines...

Pourtant, les enquêteurs français ont à leur disposition des éléments prouvant que Xavier Dupont de Ligonnès a d'abord fui en France. Dans la nuit du 11 au 12 avril, le père de famille passe la nuit dans un hôtel à Blagnac, dans la banlieue de Toulouse. Le 12 au soir, c'est à l'auberge de Cassagne, un luxueux hôtel du Pontet dans le Vaucluse, qu'il va dîner puis séjourner. Le 14, des caméras de vidéosurveillance filment Xavier Dupont de Ligonnès en train de retirer 30 euros à un distributeur à Roquebrune-sur-Argens. Après avoir passé la nuit dans un hôtel Formule 1 de la ville, il quitte l'établissement, abandonnant son véhicule sur le parking.

Plus de 800 signalements 

Var, Allier, ou plus loin en Argentine, en Thaïlande ou en Afrique, Xavier Dupont de Ligonnès aurait été vu un peu partout dans le monde. En six ans, plus de 800 signalements du père de famille ont été faites. En 2015 puis en 2017, la découverte d'ossements et d'un corps dans le sud de la France relançaient l'affaire. La première fois, c'était dans la forêt de Bagnols, à quelques kilomètres de Roquebrune-sur-Argens. C'est dans cette même zone qu'un corps en décomposition a été retrouvé au mois de décembre. A chaque fois, la piste Dupont de Ligonnès avait été abandonnée.

Cette nouvelle opération policière de ce mardi - le jour de l'anniversaire de Xavier Dupont de Ligonnès - était destinée à "fermer une nouvelle porte" même si la piste d'un monastère coïnciderait avec le passé religieux du père de famille. Dès les premiers mois de l'enquête, les policiers de la police judiciaire de Nantes découvrent les obsessions mystiques de Xavier Dupont de Ligonnès qui se rend régulièrement sur un forum où il parle notamment de sacrifices. La mère de Xavier Dupont de Ligonnès, Geneviève, est à l'origine d'un groupe de prière baptisé Philadelphie et qui tient un discours apocalyptique. Un groupe qui présente des "critères de type sectaire", selon une association de défense des personnes victimes de sectes.

Justine Chevalier