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Le macabre email de Xavier Dupont de Ligonnès un an avant l'affaire

Xavier Dupont de Ligonnès a été aperçu pour la dernière fois le 15 avril 2011, plus d'une semaine après la mort des siens.

Xavier Dupont de Ligonnès a été aperçu pour la dernière fois le 15 avril 2011, plus d'une semaine après la mort des siens. - AFP

Dans un nouveau livre Le Disparu, la journaliste Anne-Sophie Martin retrace cinq ans d'enquête sur la disparition de Xavier Dupont de Ligonnès, soupçonné d'avoir assassiné sa femme et ses quatre enfants avant de les enterrer sous la terrasse.

Un email pourrait expliquer l'un des faits divers les plus mystérieux de ces dernières années. Dans un livre, Le Disparu, la journaliste Anne-Sophie Martin révèle l'existence d'un courriel envoyé par Xavier Dupont de Ligonnès à deux amis moins d'un an avant la mort de sa famille. Dans ce message qui pourrait confirmer la culpabilité du père, ce dernier, alors criblé de dettes et en échec professionnel, écrit qu'"une décision définitive est à prendre: suicide seul ou collectif".

Le scénario présenté à ses plus vieux compagnons, Dominique et Mathieu, est macabre. "Si ça tourne mal, je n’ai que deux solutions, me foutre en l’air avec ma voiture ou foutre le feu à la baraque quand tout le monde dort (…) Post-scriptum: je suis très sérieux, lucide et sous l’emprise d’aucune drogue ni d’aucun alcool", détaille-t-il comme seule issue à ses problèmes financiers.

Suspect numéro 1

Où est passé Xavier Dupont de Ligonnès? S'est-il bel et bien donné la mort? A-t-il changé d'identité et refait sa vie à l'étranger? Autant de questions qui hantent encore les enquêteurs cinq ans après la macabre découverte sous la terrasse d'un pavillon nantais. Cinq corps humains, ceux d'Agnès Dupont de Ligonnès et de ses quatre enfants, Arthur, Thomas, Anne et Benoît, et ceux des deux labradors de la famille. Le père, introuvable, est toujours apparu comme le suspect numéro 1 même si aucun élément probant, comme des empreintes ADN, ne permet de l'affirmer.

Ce nouvel indice pourrait laisser à penser que le père de famille s'est donné la mort après avoir tué les siens. Sauf que Xavier Dupont de Ligonnès a été filmé dans le Var pour la dernière fois le 15 avril 2011, plus de dix jours après la mort de sa famille. En pièce jointe du mail envoyé à ses amis, il laisse ses dispositions à prendre en cas d'"accident mortel" ou d'"accident domestique".

"Je souhaite enfin que, même après enquête de police, on ne puisse jamais laisser croire à mes parents, frères et sœurs, que ces accidents ont été volontairement provoqués par moi (même si les preuves sont formelles)", écrit-il.

Départ précipité pour l'étranger

"J'ai rencontré beaucoup de gens et j'ai été sidérée en réalisant qu'une personne sur deux, dans l'entourage de la famille, ne croyait pas à la thèse du suicide", confirme au Figaro l'auteure du livre. Si aucun scénario ne peut être affirmé ou infirmé, il est certain que Xavier Dupont de Ligonnès a fait remettre en état le fusil de son père, du même calibre que les impacts retrouvés sur les corps de Agnès et de ses enfants. Des tickets de caisse pour l'achat de grands sac poubelles ou de chaux ont été découverts. 

Entre la mort de sa famille et la dernière image que les enquêteurs ont du suspect, Xavier Dupont de Ligonnès aurait rédigé des dizaines de courrier adressés à l'employeur de son épouse pour présenter sa démission en raison d'une mutation. Même excuse présentée auprès des établissements scolaires de ses quatre enfants. Aux proches de la famille, il parle d'un départ précipité pour les Etats-Unis pour participer à une enquête sur un trafic de drogue. En juillet 2015, une journaliste nantaise recevaient une photo de famille, privée et jamais sortie dans la presse, avec la mention "Je suis encore vivant". De quoi une nouvelle fois, rendre un peu plus énigmatique l'affaire Dupont de Ligonnès.

J.C.