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L'avocat d'Alexandre Benalla dénonce "une hystérie collective totalement démesurée"

Me Laurent-Franck Liénard, qui défend l'ancien chargé de mission de l'Élysée au coeur du scandale, estime sur BFMTV que l'action de son client le 1er-mai dernier était "totalement légitime".

L'avocat d'Alexandre Benalla dénonce "une hystérie collective totalement démesurée" à l'encontre de son client. Selon lui, le geste à l'origine du scandale (deux jeunes frappés lors de la manifestation du 1er mai) était "totalement légitime". Selon son conseil, il a agi "en qualité de citoyen", qu'il décrit comme "un homme courtois, convenable et très respectueux".

Le scandale a éclaté mercredi dernier, avec la diffusion par Le Monde d'une vidéo dans laquelle le chargé de mission de l'Élysée est enregistré frappant les deux jeunes, alors qu'il n'était présent qu'en tant qu'observateur. D'après son avocat, il s'agissait de la réaction d'un homme "fougueux", qui ne supportait pas que des individus "virulents et agressifs" ne soient pas interpellés:

"C'était des fauteurs de troubles qui avaient lancé des canettes sur les policiers, qui les invectivaient, qui les violentaient", assure-t-il. Un acte qu'il légitime par l'article 73 du code de procédure pénal, qui donne "la possibilité d’interpeller les personnes dans le cadre de nécessité et de proportionnalité."

Une version qui diffère de celle de l'avocat des victimes présumées, qui les décrit comme "un couple d'amoureux" "venus prendre un verre et assister à une manifestation".

La "fougue de la jeunesse"

Les nombreux accessoires de police revêtus par Alexandre Benalla, alors qu'il ne fait pas partie des forces de l'ordre, font également l'objet de questions. Que l'avocat balaye: "C’est une habitude dans les services de police", assure-t-il. "Ils reçoivent des gens qui ne sont pas policiers (…) et on leur met un gilet pare-balle pour leur propre sécurité qui est siglé police, et on leur donne un brassard."

S'il reconnait que l'intervention d'Alexandre Benalla constitue un geste "de toute façon maladroit" et qu'"il fallait évidemment qu'il reste en retrait", il l'explique par "la fougue de la jeunesse, la situation, le fait qu'il participait à l'ensemble de cette manifestation depuis le début, qu'il avait été témoin d'un certain nombre d'agissements, et l'envie d'aider, l'envie de participer."

Mise en examen et procédure de licenciement

Alexandre Benalla fait l'objet d'une procédure de licenciement. Il a par ailleurs été mis en examen dimanche, pour pour violences en réunion, immixtion dans l'exercice d'une fonction publique, port sans droit d'insignes réglementés et recel de détournement d'images, ainsi que pour recel de violation du secret professionnel. Cela fait écho à une affaire dans l'affaire: trois policiers auraient transmis des images de vidéo-surveillance à Alexandre Benalla. 

"Je peux vous dire qu’en audition, il a donné l’ensemble des éléments d’explication qui permettent de largement le dédouaner", assure Me Laurent-Franck Liénard au sujet de ce dernier point. 
B.P.