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Attentats du 13 novembre: les juges face aux questions des victimes

Les rescapés des attaques de Paris sont reçus par les juges d'instruction du pôle antiterroriste pour faire un point sur l'enquête. Ce mardi, ce sont les victimes du Stade de France et des terrasses qui poseront leurs questions.

Trois jours de réunion à l'Ecole militaire pour tenter de répondre à l'ensemble des question des 1.000 parties civiles qui se sont constituées dans le dossier pénal des attentats du 13 novembre. Un dispositif extraordinaire pour une affaire à l'ampleur inédite. A partir de ce mardi, les six juges d'instruction en charge de l'enquête sur les attaques de Paris vont recevoir les victimes et leurs familles.

Dans ce lieu symbolique, où le 27 novembre dernier, François Hollande rendait hommage aux 130 personnes tuées dans ces attentats, ce mardi, ce sont les victimes du Stade de France et du commando des terrasses qui assisteront à cette séance d'information pour leur expliquer l'avancement de la procédure. Surtout ces dernières pourront poser leurs questions. Les rescapés du Bataclan s'entretiendront à leur tour avec les juges mercredi et jeudi, six mois après le drame. "C'est une réunion symbolique", confie sur BFMTV Alexis Lebrun, membre de l'association Life for Paris.

Manquements de sécurité?

Quel est le scénario précis des attaques? Qui sont les juges et les enquêteurs? Comment se déroule l'enquête entre la France et la Belgique? Pourquoi la cellule jihadiste a-t-elle pu passer à l'acte? Autant de questions que pourront poser ces victimes. "C’est très important pour les victimes de voir que les juges d’instruction les informent directement et qu’elles n’ont pas de nouvelles via leurs avocats, soit par les médias mais directement par les juges", insiste Emmanuel Domenach, un rescapé du Bataclan. "On attend que les informations données dans la presse soient vérifiées", confirme Alexis Lebrun.

Un personnage devrait revenir lors de ces entretiens, Salah Abdeslam. Beaucoup attendaient de la première audition de celui qui, au moins, aurait eu un rôle de logisticien dans ces attaques. Entendu vendredi dernier, il a préféré exercer son droit de réponse. "Avec l’arrestation de Salah Abdeslam, l’arrestation d’Abrini, on veut essayer de comprendre les motivations, comment ils ont pu se balader en Europe avant le 13, on va essayer de s’intéresser aux manquements des services de renseignements", poursuit Emmanuel Domenach. Pour Alexis Lebrun, "des zones d'ombre qui entourent le réseau" de jihadistes responsables des attentats perdurent.

"Passer à autre chose"

Outre les éventuelles failles, les victimes auront à coeur d'éclaircir plusieurs zones d'ombre impliquant notamment la sécurité du Bataclan, la salle de spectacle ayant déjà fait l'objet de menaces. Mais aussi sur le déroulé précis des événements. "On sait aussi que beaucoup de temps s'est écoulé entre le début de la prise d'otages au Bataclan et l'assaut de la police. Il n'est pas question de faire le procès de l'Etat, mais d'essayer de comprendre", relève Me Emmanuel Daoud.

Cette rencontre pourrait également servir de thérapie pour les rescapés. "Il y a des zones de trouble, confie Caroline Langlade, présidente de l'association Life for Paris, qui était au Bataclan ce fameux soir du 13 novembre. Refaire le film de l’histoire ça va permettre aux gens d’aller mieux parce qu’on ne sera plus tout le temps en train d’essayer... Le cerveau, c'est notre disque dur. Vivement que le disque dur se débloque pour qu’on puisse passer à autre chose."

J.C. avec Kelly Laffin