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Affaire Maëlys: Nordahl Lelandais a changé sa version des faits

Lors de son audition devant les juges d'instruction, vendredi, l'ex-militaire a reconnu avoir donné au moins 4 ou 5 coups à la fillette.

INFO BFMTV - Nordahl Lelandais a changé de version et ne parle plus d'accident. Contrairement à ce qu'il affirmait depuis le 14 février et ses aveux après six mois de mutisme, l'ex-militaire a expliqué avoir donné plusieurs coups à Maëlys. Au moins 4 ou 5. De nouvelles révélations, livrées aux juges d'instruction vendredi dernier lors d'une nouvelle audition, qui viennent mettre à mal ses déclarations précédentes. Jusqu'alors Nordahl Lelandais soutenait avoir tué "par accident" la petite fille en lui donnant une gifle lors d'un trajet dans sa voiture.

Des gestions très violents

Lors de la reconstitution qui a eu lieu lundi soir, après une première étape à la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin, en Isère, où a disparu Maëlys dans la nuit du 26 au 27 août 2017, le convoi, composé du principal suspect, de son avocat, des juges ou encore du procureur de la République de Grenoble, a réalisé un arrêt inattendu, vers 22h15. Les gendarmes mobilisés pour l'opération ont alors tendu de larges draps blancs aux abords des accès à une zone commerciale à moins de 5 minutes en voiture de la salle où se déroulait le mariage, pour empêcher les journalistes de capter des images. L'éclairage public a également été coupé pendant près d'une heure.

C'est cet endroit que Nordahl Lelandais a désigné comme étant celui où il aurait frappé Maëlys qui se trouvait dans son véhicule le soir du drame. Devant les juges, le suspect a mimé les gestes infligé à l'enfant, quatre ou cinq coups très violents mimés sur un mannequin, selon les témoins présents lundi soir.

Ensuite, selon ses dires, il aurait repris la route qui mène au domicile de ses parents, à Domessin, en Savoie. Il a alors raconté s'être arrêté un peu plus loin et avoir constaté que la petite fille était morte. La suite diffère également de sa première version: il aurait ensuite déposé le corps au bord d'un chemin isolé toujours à proximité de la maison familiale, et non dans une cabane en bois comme il l'a affirmé depuis sept mois.

"Réalité matérielle"

Au fil de ces sept heures de reconstitution, menée en présence des parents de Maëlys, qui ont notamment assisté à la scène pendant laquelle Nordahl Lelandais a reproduit les coups donnés à l'enfant, l'ex-militaire a raconté comment il était rentré chez lui pour se changer et se laver, ses mains et son short étant recouverts de sang. "Coopératif" comme il a été décrit, il a également affirmé être retourné à la salle des fêtes où la disparition de Maëlys avait été constatée, pour se forger un alibi. Plus tard, il dit être reparti, n'aidant pas pour les recherches, afin de déplacer le corps de Maëlys. De ce chemin isolé qu'il a identifié, il a conduit les juges jusqu'au massif de la Chartreuse, sur la commune d'Attignat-Oncin. 

Là, en pleine nuit ce lundi, et dans une zone montagneuse escarpée, "avec une mémoire précise des faits", Nordahl Lelandais a désigné un endroit situé entre 30 et 50 centimètres de celui où les enquêteurs ont retrouvé le corps de Maëlys le 14 février dernier. Des aveux qu'il avait livrés alors qu'il était acculé par des éléments scientifiques, un trace de sang appartenant à l'enfant dans sa voiture ayant été découverte. L'autopsie de la fillette avait révélé plusieurs fractures au niveau du crâne, deux autres au niveau de sa mâchoire. Selon une source proche de l'enquête, cette nouvelle version livrée face à la justice est une manière de s'adapter "à la réalité matérielle du dossier.

Sarah-Lou Cohen avec Justine Chevalier