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Affaire Fillon: l'enquête se poursuit, pas de classement sans suite

Le parquet national financier a demandé aux policiers de poursuivre leurs investigations. "En l'état", la justice n'envisage pas de classement sans suite.

Une étape importante dans l'affaire des emplois présumés fictifs occupés par Penelope Fillon. Selon nos informations, les enquêteurs de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales ont remis leur rapport au Parquet national financier (PNF). Pour l'heure, la justice n'envisage pas "en l'état" de classer sans suite cette enquête. Elle va ainsi se poursuivre.

"Les nombreux éléments déjà recueillis ne permettent pas d'envisager, en l'état, un classement sans suite de la procédure", a indiqué le parquet dans un communiqué.

Pour le moment, il n'y a pas de mise en examen ou d'ouverture d'information judiciaire. Le parquet estime qu'il y a assez d'éléments à charge pour écarter le classement de l'enquête. De nouvelles investigations vont conduire à de nouvelles auditions, voire des confrontations entre les différents témoins et notamment entre les époux Fillon. Les policiers pourraient également se déplacer à Sablé-sur-Sarthe où Penelope Fillon était sensée travailler. 

Perquisitions et auditions

Le 25 janvier dernier, le parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire pour "détournement de fonds publics" et "abus de biens sociaux". Ces investigations portent notamment sur les sommes d'argent perçues par Penelope Fillon en échange d'un emploi d'attachée parlementaire, pour le compte de son mari alors député et pour le suppléant de ce dernier. Au total, la femme de l'ancien Premier ministre aurait touché près de 830.000 euros.

La justice s'interroge sur la véracité de cet emploi. Plusieurs perquisitions et auditions ont été menées. Les policiers se sont notamment rendus à l'Assemblée nationale. Ils ont découvert que Penelope Fillon n'avait pas de badge, ni d'adresse mail personnelle. Dans une interview à la presse britannique, elle-même se décrivait comme une femme au foyer. Les investigations ont également été élargies aux enfants du couple Fillon, Marie et Charles. Ils avaient aussi été employés par leur père lorsque ce dernier était sénateur. Emplois également présumés fictifs.

Enquête "illégale" pour les Fillon

Depuis trois semaines, les enquêteurs se sont attelés à entendre l'ensemble des protagonistes dans cette affaire. François et Penelope ont été entendus très rapidement. Idem pour les anciens collaborateurs de François Fillon lorsqu'il était député de la Sarthe puis de Paris. Son ancien suppléant, Marc Joulaud, qui a lui aussi employé Penelope Fillon, a également été entendu. 

Pour se défendre, François Fillon a reconnu une erreur mais assure que la pratique est légale et que le salaire de son épouse était "parfaitement justifié". Le candidat Les Républicains à la présidentielle a alors dénoncé un lynchage mené par "un tribunal médiatique". La semaine dernière, les avocats du couple Fillon ont demandé au parquet national financier de se dessaisir de l'enquête, la jugeant "illégale".

J.C. avec Sarah-Lou Cohen