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2.600 caméras-piétons vont être expérimentées dans 23 zones de sécurité prioritaires

L'expérience va durer une année. Selon certains policiers le dispositif permet de désamorcer beaucoup de situations. A condition que cela ne serve pas à "fliquer les flics", mettent en garde les syndicats.

Vingt-trois zones de sécurité prioritaires (ZSP) sont concernées par l'expérimentation de l'enregistrement vidéo obligatoire des contrôles d'identité réalisés à l'aide de caméras-piétons, a indiqué le ministère de l'Intérieur, mardi. L'expérimentation débutera mercredi, comme prévu par la loi Egalité et Citoyenneté, selon un communiqué du ministère de l'Intérieur.

"Parmi les 23 sites retenus, figurent notamment des ZSP à Paris intra-muros, en petite et grande couronnes, ainsi que dans des départements comme la Haute-Garonne ou bien les Alpes-Maritimes", a précisé le ministère. Cette disposition fait l'objet d'un décret en cours d'examen par le Conseil d'Etat.

"Expérimentation pour une période maximale d'un an"

"Cette expérimentation va se dérouler au sein de certaines zones de sécurité prioritaires, et pour une période maximale d'un an, à l'issue de laquelle les directeurs généraux de la Police et de la Gendarmerie Nationale remettront au ministre de l'Intérieur un rapport d'évaluation sur l'impact de ces enregistrements systématiques sur le déroulement des interventions", a détaillé le ministère de l'Intérieur.

Police et gendarmerie sont actuellement équipées de 2.600 caméras-piétons. Selon le ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux, ce chiffre sera "au moins doublé". Il a demandé aux services du ministère "de passer dans les meilleurs délais un nouveau marché afin de doter, dans les prochains mois, l'ensemble des militaires et fonctionnaires intervenant en ZSP de caméras-piétons".

Alors que le débat sur les rapports entre la police et la population, notamment dans les quartiers sensibles, a été relancé par la violente interpellation dont a fait l'objet un jeune homme à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) début février, le gouvernement a estimé que ce dispositif "apais(ait) la relation lors d'un contrôle".

Les syndicats policiers voient plutôt la mesure d'un bon œil, même si des réserves sont formulées.

"Quelque part, on a l'impression qu'on veut fliquer les flics", précise à BFMTV Philippe Capon, Secrétaire général de l'Unsa Police. "La caméra, on pourra s'en servir partout, mais il faudra aussi que le législateur puisse apporter le soutien que sont en droit d'attendre les policiers dans cet usage et que ce la ne revête pas un caractère de suspicion à l'encontre des policiers", continue-t-il.
D. N. avec AFP et Mélanie Bertrand, Nicolas Behar