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Comment fonctionnent les caméras-piétons des policiers?

Pour apaiser les tensions après l'affaire Théo à Aulnay-sous-Bois, le ministère de l'Intérieur a annoncé jeudi le déploiement de 2.600 caméras mobiles pour équiper les policiers. A Poissy, les policiers municipaux testent à titre expérimental, un dispositif comparable.

Sanglée sur la poitrine, une petite caméra a fait son apparition sur l'uniforme des policiers municipaux de Poissy. Un dispositif expérimental destiné à filmer les interventions pour prévenir des incidents, constater des infractions ou poursuivre les auteurs d'infractions par la collecte de preuve.

A Poissy, le dispositif est un peu différent de celui annoncé par Bruno Le Roux jeudi après l'affaire Théo. Le ministre de l'Intérieur a décidé de la mise en place de 2.600 caméras mobiles à déclenchement automatique dans les services de police et de gendarmerie. Dans la ville des Yvelines, les caméras testées sont pour le moment déclenchées manuellement par le policier, qui doit prévenir les personnes filmées. Pour le maire Les Républicains de la ville, ces caméras sont un outil de prévention essentiel. 

"N'oublions jamais que nous sommes en état d'urgence et quand on est en état d'urgence nous devons prendre des mesures d'urgence, c'en est une parmi d'autres. Je pense que ces caméras-piéton sont un outil qui devient indispensable eu égard à la société d'aujourd'hui", explique Karl Olive.

Des questions autour de l'utilisation des images

Les enregistrements de cette caméra embarquée ne peuvent être consultés par un agent habilité qu'à la fin d'une intervention, et après leur transfert sur un ordinateur sécurisé. Les données collectées sont ensuite collectées pendant une durée de six mois, avant d'être automatiquement détruites. Malgré ces restrictions, le cadre légal autour de l'utilisation de ces images et leur consultation par le public pose question pour les juristes.

"Vous n'avez strictement pas le droit de refuser et vous n'avez pas l'accès aux images ensuite directement. Il faut faire une demande dite indirecte auprès de la CNIL, la Commission nationale informatique et libertés, pour éventuellement être assuré que les images qui ont été prises ne violent pas les droits et les finalités de l'enregistrement", déplore Thierry Valat, avocat au barreau de Paris. 

Concernant la police municipale, la période de test des caméras piéton doit durer jusqu'au 3 juin 2018. Mais le dispositif est aussi expérimenté dans la gendarmerie ou dans la police, comme c'est le cas à Marseille depuis deux ans. Un décret du 1er janvier dernier permet également aux agents de sécurité de la SNCF et de la RATP de tester ces caméras, pour une durée de trois ans.

C. B avec Séga Kanouté