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Aulnay-sous-Bois: la "police des polices" privilégie la thèse de l'accident

D'après ses premières constatations, l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) estime que le coup porté à Théo par le policier n'avait sans doute pas de caractère intentionnel.

La thèse de l'accident privilégiée dans l'affaire Théo. Selon ses premières conclusions, rendues dimanche, l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) relève la blessure gravissime de la victime causée lors d'une "interpellation violente et musclée" à Aulnay-sous-Bois mais doute de l'intentionnalité du policier de vouloir mutiler le jeune homme.

Quelques jours après les faits, la "police des polices" s'est basée sur les images des caméras de vidéosurveillance installées dans la Cité des 3.000, les constatations matérielles ainsi que des témoignages recueillis pour rendre ses premières constatations. N'enlevant rien à la gravité du geste du policier, l'IGPN estime que le policier a porté un coup de matraque dans le dos du jeune homme mais n'avait pas l'intention de causer une blessure à l'anus.

La définition du viol en question

Jeudi dernier, un contrôle d'identité dans la Cité des 3.000 à Aulnay-sous-Bois, avait mal tourné avec l'interpellation de Théo, un jeune homme de 22 ans, au casier judiciaire vierge. Après avoir été maîtrisé de manière musclée par les quatre policiers présents, Théo avait dû être hospitalisé souffrant d'une plaie longitudinale du canal anal, profonde de 10 cm et d'une section muscle sphinctérien, nécessitant une opération.

Les quatre fonctionnaires de police ont été suspendus. ils ont été mis en examen pour trois d'entre eux pour "violences volontaires en réunion". Le quatrième, soupçonné d'être l'auteur du coup ayant provoqué les blessures, est poursuivi pour "viol". La question qui va désormais devoir être tranchée par la justice est de savoir si le caractère intentionnel ou non du geste doit être pris en compte pour qualifier l'acte de viol.

"Laisser faire la justice"

Après l'appel au calme très digne lancé par Théo lui-même, son frère a décidé de ne pas commenter ces nouveaux éléments. "Je ne vais pas me prononcer parce que si je donnais mon sentiment aujourd'hui, ça donnerait peut-être des réactions à gauche et à droite que l'on ne pourrait pas maîtriser (...), a confié à BFMTV Michaël. On ne peut pas s'amuser à faire de commentaires car ce n'est pas un jeu (...). La justice s'est saisie de l'affaire et il faut la laisser faire son travail. Attendons les réponses de la justice."

Depuis une semaine, Aulnay-sous-Bois, et d'autres villes voisines de Seine-Saint-Denis, sont le théâtre d'incidents. Dans la nuit de mercredi à jeudi, 28 personnes ont été interpellées pour des jets de projectiles, des incendies ou des violences. Mercredi, six personnes ont comparu devant le tribunal de Bobigny pour des faits d'embuscade. Deux d'entre elles ont été condamnées à six mois de prison ferme, trois autres à six mois avec sursis et un dernier a été relaxé.

Justine Chevalier avec Cécile Ollivier