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Crack à Paris: nouvelle passe d'armes entre Anne Hidalgo et le préfet de police

Invitée ce mardi de RMC-BFMTV, la maire de Paris a dénoncé l'inaction de la police face aux toxicomanes. Le préfet dément et reproche à la mairie de Paris d'avoir décidé d'évacuer le jardin d'Eole.

Nouvelle passe d'arme sur la consommation de crack dans l'est parisien, entre la maire de Paris, Anne Hidalgo, et le préfet de police. Interrogée ce mardi sur BFMTV à propos de la création de nouvelles salles de shoot à Paris, la candidate à l'élection présidentielle 2022 a dénoncé l'inaction de la police dans le quartier de Stalingrad, où les riverains multiplient les appels à l'aide face à la présence de toxicomanes et de dealers de crack.

"Je n'arrive pas à obtenir du préfet de police qu'il joue son rôle de préfet de police, s'est indignée la maire de Paris au micro de Jean-Jacques Bourdin sur RMC-BFMTV (...) Je pense à la rue Riquet où il y a un énorme espace de deal, un marché de la drogue et du crack aux yeux de tout le monde avec un préfet de police qui regarde, et qui n'intervient pas, c'est scandaleux."

Anne Hidalgo ajoute: "S'il n'y a pas la sécurité, c'est très difficile de convaincre la population qu'il faut quand même aider ces populations qui sont en grande difficulté."

Le préfet renvoie la balle, chiffres à l'appui

Face à cette attaque de la maire de Paris, le préfet de police a répliqué dans un communiqué de presse: "Le préfet de police a pris connaissance avec étonnement des critiques publiques de la maire de Paris à son endroit, et à celui du ministre de l'Intérieur, sur la situation autour du Jardin d'Éole".

Il désigne ensuite la mairie de Paris comme responsable de la dégradation de la situation:

"C'est la maire de Paris et elle seule qui a décidé de fermer aux toxicomanes le jardin d’Éole sans lieu alternatif, les installant ainsi rues Riquet et d'Aubervilliers, et cela malgré son avis défavorable. Ce sont ses agents qui interdisent aux toxicomanes l'entrée du parc et qui créent le point de fixation dans ces rues étroites et densément habitées, à proximité d'écoles."

La préfecture assure qu'elle continue à "contrôler et interpeller sans relâche les auteurs de délits": "Au total, dans ce secteur, 88 personnes ont été interpellées dont 79 présentées à la justice, Ces chiffres sont en forte hausse par rapport à 2020 et considérables au regard de la population qui stagne, de cent à deux cents personnes.

Des habitants résignés à partir

Depuis l'évacuation en juin 2018 de la "colline du crack" au niveau de porte de la Chapelle, les toxicomanes se sont fixé dans le quartier de Stalingrad. Un temps autorisés à se regrouper dans les jardins d'Éole, le parc a finalement été évacué fin juin à la demande de la maire de Paris.

Ce qui n'a pas réglé le problème pour autant. Dealers et consommateurs de crack sont désormais stationnés rue Riquet et rue d'Aubervilliers, où passent notamment des enfants pour aller à l'école, ce qui n'a fait qu'empirer la colère des riverains.

Résignés face à une situation qui dure depuis des années, certains habitants veulent désormais quitter le quartier.

Louis Chahuneau