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Crack à Paris: l'ouverture de salles dédiées aux toxicomanes inquiète sur les Grands Boulevards

Habitants et commerçants redoutent de possibles conséquences néfastes de l'arrivée de toxicomanes dans un secteur regroupant bars, écoles et lieux culturels. La mairie se veut rassurante.

La proposition d'Anne Hidalgo ne fait pas l'unanimité dans le 10e arrondissement. Pour endiguer la problématique du crack à Paris et soulager les riverains des Jardins d'Éole et de Stalingrad, l'édile a proposé l'ouverture de quatre lieux de repos spécialisés. Deux de ces centres doivent prendre place dans le quartier des Grands Boulevards, dont un avant la fin de l'année. Un projet, validé ce mercredi par le Premier ministre, qui ne réjouit pas les habitants et les commerçants de cette zone réputée festive.

Christophe possède quatre bars dans la rue René Boulanger. Un centre destiné à l'accueil de consommateurs de crack pourrait à son grand regret s'implanter dans le secteur. Des échos font état d'une installation des deux sites dans un ancien local de la RATP, en face du Théâtre de la Renaissance, et à proximité du métro Bonne Nouvelle

"Il va y avoir des bagarres le soir", s'agace le restaurateur, qui craint également que les toxicomanes viennent importuner ses clients alors qu'ils dînent ou prennent un verre. "C'est impossible, insiste-t-il. On ne peut pas accepter ça."

"Un risque de sécurité"

Delphine Martin, porte-parole de "Vivre ! Bd de Strasbourg/Faubourg Saint-Denis/Saint-Martin", s'inquiète également des répercussions que pourrait engendrer l'arrivée de consommateurs de crack dans le quartier des Grands Boulevards. Son association a lancé une pétition, laquelle a réuni à ce jour environ 1900 signatures.

"On a plusieurs écoles à grande proximité de ces sites, souligne-t-elle. On a beaucoup d'établissements culturels, beaucoup de restaurants. On considère qu'il peut y avoir un risque de sécurité."

La mairie - qui assure que les lieux précités ne seront pas retenus - se veut rassurante. "Ce n'est pas prévu qu'il y ait de la consommation à l'intérieur, a indiqué Alexandra Cordebard sur notre antenne. Ce sont donc des salles de repos et de soin où seront présents un certain nombre de professionnels. Des médecins, des psychologues en effet, des psychiatres mais également des travailleurs sociaux qui pourront accueillir des personnes là où elles en sont dans leur parcours."

Une manifestation prévue samedi

Pas de quoi convaincre les riverains pour le moment. Ces derniers prévoient une grande manifestation samedi devant La Poste de Bonne Nouvelle.

Début septembre déjà, des habitants du 20e arrondissements avaient organisé un rassemblement similaire devant le bâtiment d'une ancienne école maternelle. Eux aussi s'insurgent contre l'éventuelle installation d'un centre à proximité d'un établissement scolaire. Éric Pliez, maire de l'arrondissement, doit recontrer les riverains ce mercredi. Jean Castex a pourt sa part émi des réserves, soulignant "la difficulté évidente que représenterait la création d'un tel équipement sur un site mitoyen d'une école élémentaire".

Le Premier ministre a cependant donné son feu vert à l'ouverture d'une quatrième salle de repos, réservée aux femmes, dans le 19e arrondissement.

Jean-Baptiste Graziani et William Helle avec Florian Bouhot