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Crack à Paris: feu vert de Matignon pour de nouvelles salles, réserve sur celle du 20e arrondissement

Anne Hidalgo a proposé fin août l'ouverture de lieux de repos à destination des toxicomanes, essentiellement regroupés à Stalingrad et aux Jardins d'Éole.

Le Premier ministre Jean Castex a donné ce mercredi son feu vert à la maire PS de Paris Anne Hidalgo pour aménager de nouveaux sites d'accueil des consommateurs de crack mais émet une réserve sur celui prévu près d'une école dans le 20e arrondissement, dans un courrier que l'Agence France-Presse (AFP) s'est procuré.

"La création de nouveaux lieux dédiés à l'accueil et au repos sera soutenue par les services de l'Etat" sous réserve d'une offre et d'une localisation adaptées, écrit le Premier ministre.

Jean Castex veut "offrir aux consommateurs des lieux de repos et un parcours de sevrage de qualité" et veut poursuivre le déploiement de "l'offre de soins" dans le cadre du plan crack signé en 2019 entre l'Etat et la Ville.

A la sortie du Conseil des ministres ce mercredi, Gabriel Attal a confirmé que le gouvernement voulait "avancer avec la mairie de Paris qui souhaite installer des salles pour aller vers le sevrage".

Le porte-parole a notamment martelé: le gouvernement "a la volonté pour les riverains de trouver une solution pour rétablir le calme". "La priorité est de mettre fin au trafic", a-t-il précisé.

"Difficulté évidente"

Sur la ligne de Jean Castex, Gabriel Attal a également indiqué qu'il semble "impossible d'installer une salle à proximité directe d'une école". "Notre souhait est d'avancer dans la concertation", a-t-il assuré.

Dans son courrier, le Premier ministre Jean Castex a émis des réserves sur l'un de ces quatre nouveaux sites envisagés par la mairie, situé à quelques mètres d'une école et sur lequel le maire du 20e arrondissement Éric Pliez doit s'expliquer mercredi soir avec les riverains.

"J'appelle d'ores et déjà votre attention sur la difficulté évidente que représenterait la création d'un tel équipement sur un site mitoyen d'une école élémentaire", souligne le Premier ministre.

Si le gouvernement a donné son accord pour des lieux d'accueil, le Premier ministre n'a pas évoqué explicitement l'aménagement de nouvelles salles de consommation à moindre risque (SCMR), dites "salles de shoot", sujet de crispation politique comme avec les riverains. Les quatre nouveaux sites proposés fin août par Anne Hidalgo "ont ainsi vocation à s'inscrire dans le cadre expérimental offert par la loi du 24 janvier 2016, que le gouvernement prendra l'initiative de proroger" avec le projet de loi de financement de la sécurité sociale présenté en Conseil des ministres le 6 octobre.

Bilan "positif" pour les "salles de shoot"

La loi de 2016 a autorisé l'expérimentation des SCMR jusqu'en 2022. Deux structures de ce type ont été lancées depuis, à Strasbourg et à Paris.

La question divisait jusqu'au sein du gouvernement, entre la ligne dure adoptée par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et celle du ministre de la Santé Olivier Véran, dont le cabinet a jugé "positif" le bilan des deux structures.

Mardi, les députés Caroline Janvier (LaREM) et Stéphane Viry (LR), chargés d'une mission flash sur le sujet, ont jugé les SMCR "utiles et efficaces", mais souligné qu'il fallait privilégier l'ouverture de nouvelles salles "au niveau de scènes déjà existantes", c'est-à-dire de quartiers où les consommateurs ont l'habitude de consommer dans la rue.

F.B. avec AFP