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Emmanuel Macron met en garde la Turquie contre toute volonté d'"invasion" de la Syrie

Emmanuel Macron, le 30 janvier 2018

Emmanuel Macron, le 30 janvier 2018 - Christophe Petit Tesson / POOL / AFP

Emmanuel Macron, annonce des discussions à venir avec son homologue turc. Il met également en garde la Turquie contre toute velléité d"'invasion" de la Syrie.

Le chef de l'État a mis en garde la Turquie contre toute velléité d'"invasion" de la Syrie, après les assauts menés conjointement par l'armée turque et ses alliés arabes syriens contre une milice kurde dans le nord-ouest du pays.

"S'il s'avérait que cette opération devait prendre un autre tour qu'une action pour lutter contre un potentiel terroriste menaçant la frontière turque et que c'était une opération d'invasion, à ce moment, cette opération nous pose un problème réel", prévient le président, lors d'un entretien publié ce mercredi par Le Figaro.

"J'ai appelé tout de suite à la précaution et à la retenue"

Depuis plusieurs jours, l'aviation et l'artillerie turque bombardent des positions des combattants kurdes du PYD, la branche syrienne du PKK, le Parti des travailleurs kurdes, qui mène une guérilla meurtrière en Turquie depuis de longues années où il est considéré comme une organisation terroriste par Ankara. 

La Turquie s'apprête donc également à accueillir de nombreux réfugiés supplémentaires en provenance de Syrie, alors qu'une offensive est en cours dans l'enclave d'Afrine. 

"J'ai appelé tout de suite à la précaution et à la retenue et évoqué dès les premières heures (de cette offensive) la préoccupation qui était la nôtre", rappelle le président.

Le président annonce des discussions dans les prochains jours avec Erdogan

L'opération menée par la Turquie "suppose d'avoir des discussions et de prendre des décisions à la fois entre Européens, mais plus largement entre alliés. Car elle change la nature de cette incursion turque et c'est pour cela que je vais parler dans les prochains jours à nouveau avec Erdogan", ajoute-t-il.

"Je souhaite travailler avec les Jordaniens qui accueillent beaucoup de réfugiés et, autour des Jordaniens, que l'on puisse construire une véritable solution inclusive avec les Saoudiens, les Américains et les Égyptiens, précise le chef de l'État", indique Emmanuel Macron. "Je souhaite convaincre les Turcs et les Russes qu'on peut construire cette solution véritablement inclusive, et alors l'opposition syrienne viendra (aux négociations) et les Russes doivent y amener le régime" syrien, enchaîne-t-il.

Selon le président, "avec cet élément de stabilité et la protection des frontières, il y aura les éléments de sécurité attendus par la Turquie. Mais on ne peut pas avoir une sécurité bâtie sur le terrain sans respect de la souveraineté syrienne contre un ennemi (les Kurdes) qui n'est plus Daech".

S.Z avec AFP