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La Turquie se prépare à un nouvel afflux de Syriens fuyant son offensive

Des Kurdes syriens pleurent lors des funérailles de civils et de combattants des unités YPG tués lors de l'offensive turque contre l'enclave d'Afrine, le 29 janvier 2018

Des Kurdes syriens pleurent lors des funérailles de civils et de combattants des unités YPG tués lors de l'offensive turque contre l'enclave d'Afrine, le 29 janvier 2018 - Delil souleiman, AFP

Suite à l'offensive en cours dans l'enclave kurde d'Afrine, la Turquie s'apprête à accueillir de nouveaux réfugiés syriens.

La Turquie met sur pied des plans pour porter secours aux civils qui pourraient affluer à sa frontière dans le nord de la Syrie pour fuir son offensive en cours dans l'enclave kurde d'Afrine. L'armée turque a lancé le 20 janvier une offensive contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), à Afrine, dans le nord-ouest de la Syrie, assurant prendre les précautions nécessaires pour éviter les pertes civiles.

Des abris pour accueillir jusqu'à 50.000 civils à la fois

Les organisations humanitaires turques sondent le terrain pour installer des camps de déplacés près des villes syriennes d'Azaz et Idleb, afin d'y accueillir des civils fuyant les zones de combat.

"Nous sommes prêts à fournir des abris pour jusqu'à 50.000 civils à la fois à Azaz et à Idleb", affirme à l'AFP Kerem Kinik, dirigeant du Croissant rouge turc.

La Turquie accueille plus de 3 millions de réfugiés

La ville d'Azaz a été reprise au groupe Daesh par l'armée turque et des supplétifs rebelles syriens lors de l'opération Bouclier de l'Euphrate menée par la Turquie entre août 2016 et mars 2017. La Turquie accueille sur son sol plus de trois millions de réfugiés ayant fui le conflit qui fait rage depuis près de 7 ans en Syrie, mais elle s'efforce désormais de diriger les déplacés vers des camps du côté syrien de la frontière.
Un camp de déplacés syriens à l'extérieur de la ville d'Azaz, le 12 février 2016
Un camp de déplacés syriens à l'extérieur de la ville d'Azaz, le 12 février 2016 © MUJAHED ABUL JOUD, AFP/Archives

67 civils tués par les bombardements

Une campagne militaire soutenue fait craindre une "tragédie humanitaire" pour les civils vivant dans la région d'Afrine, qui a subi au cours de la semaine passée de lourds bombardements. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), 67 civils ont été tués par les bombardements turcs, ce que dément fermement Ankara.

Environ 5000 des 324.000 personnes vivant à Afrine ont déjà été déplacées par l'offensive, selon l'ONU.

S.Z avec AFP