BFMTV

Démantèlement de l'arsenal chimique syrien: difficiles négociations

Russie, allié pour l'instant indéfectible du gouvernement syrien, a jugé inacceptable la proposition française d'une résolution à l'ONU.  Ici son président Vladimir Poutine.

Russie, allié pour l'instant indéfectible du gouvernement syrien, a jugé inacceptable la proposition française d'une résolution à l'ONU. Ici son président Vladimir Poutine. - -

Déjà très complexe au vu l'ampleur de la tâche et dans un pays en pleine guerre civile, le démantèlement des armes chimiques en Syrie fait l'objet d'âpres négociations. Le secrétaire d'Etat John Kerry doit s'entretenir avec son homologue russe, ce jeudi à Genève.

Si la proposition russe de démantèlement des armes chimiques en Syrie suscite l'intérêt même de ceux qui s'engageaient sur la voie de frappes militaires, sa mise en œuvre s'annonce compliquée.

Barack Obama, qui a demandé au Congrès - qui a accepté - de surseoir à un vote sur d'éventuelles frappes militaires ciblées pour laisser sa place à la diplomatie, a dépêché son secrétaire d'Etat John Kerry à Genève pour des entretiens avec son homologue russe Sergueï Lavrov jeudi.

La proposition française d'une résolution de l'ONU très contraignante pour la Syrie et laissant en dernier recours la possibilité d'utiliser la force, reste également au cœur des discussions.

Réunion de l'ONU annulée

Barack Obama a convenu avec son homologue français François Hollande et le Premier ministre britannique David Cameron d'examiner la proposition russe. Mais les négociations, qui ont débuté mardi, s'annoncent d'ores et déjà extrêmement difficiles. Une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, initialement prévue mardi à 16 heures (20 heures GMT), a été reportée sine die à la demande de la Russie.

Le président russe Vladimir Poutine a ainsi appelé les Etats-Unis à renoncer au recours à la force en Syrie. "Il est difficile de contraindre la Syrie ou un autre pays à se désarmer de façon unilatérale s'il y a une action militaire en préparation contre ce pays", a-t-il déclaré selon la télévision russe.

La proposition française rejetée

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a de son côté jugé "inacceptable" un projet de résolution français qui prévoit le contrôle et le démantèlement des armes chimiques syriennes, la mise en place d'un dispositif d'inspection et de contrôle, et autorise, en dernier recours, l'usage de la force pour contraindre Damas à respecter ses obligations.

La France a immédiatement fait savoir qu'elle était prête à "amender" son projet "dès lors que sont préservés ses grands principes et objectifs". François Hollande a décidé de convoquer ce mercredi à heures GMT un Conseil restreint de défense sur le dossier syrien.

Le démantèlement: problématique

Aux difficultés diplomatiques il faut aussi ajouter celles du terrain. La neutralisation de l'arsenal chimique syrien pourrait se révéler très délicate sur le terrain, en plein milieu d'une guerre civile qui a déjà fait plus de 100.000 morts. La Syrie dispose d'environ "1.000 tonnes" de différents agents chimiques, selon Washington.

Mardi, avant l'allocution du président américain, la Syrie avait affirmé, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem, être prête à renoncer à son arsenal chimique. "Nous sommes prêts à annoncer où se trouvent les armes chimiques, à cesser la production d'armes chimiques et à montrer ces installations aux représentants de la Russie, d'autres pays et de l'ONU", a-t-il déclaré, soulignant la volonté de son pays de "ne plus posséder d'armes chimiques".

Mais comme l'a rappelé le président Obama, il est "trop tôt" pour savoir si le plan de démantèlement aboutira.

D.Namias avec AFP et B.Daudré