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La poignée de main Trump-Macron fait les délices de la presse américaine

"Diplomatie de la poignée de main", une "épreuve de force": la première rencontre entre Donald Trump et Emmanuel Macron a été observée et largement commentée aux États-Unis. Au point que certains ont estimé que le président français tentait de faire comprendre à son homologue américain qu'il n'était plus "le seul mâle alpha".

Six secondes particulièrement scrutées et largement commentées. La première poignée de main jeudi en marge du sommet de l'Otan à Bruxelles entre Donald Trump et Emmanuel Macron a duré six secondes. Gros plan, ralentis: la première poignée de main entre les présidents américain et français a fait l'objet de longues analyses dans les médias outre-Atlantique et a été interprétée par certains comme un moment de diplomatie virile.

Le président américain tente de retirer sa main

Le président américain a d'abord accueilli son homologue français à l'ambassade des États-Unis pour un déjeuner de travail. Les chefs d'État se sont alors prêtés à la traditionnelle photo assis dans des fauteuils, face à la presse. 

Donald Trump est connu pour ses poignées de main viriles et vigoureuses où il essaie de prendre le pouvoir sur la personne qu'il salue en lui secouant et lui tirant le bras. Emmanuel Macron s'y était vraisemblablement préparé: lorsque le président américain a tenté de retirer sa main à deux reprises, son homologue français l'a retenu.

"Pas le seul mâle alpha"

Selon The Washington Post, c'était une poignée de main "féroce", comme le titre le quotidien, au point que les jointures de leurs doigts sont devenues blanches. "Si la relation de ces deux hommes est définie par la façon dont ils se serrent la main, on peut s'attendre à une relation impitoyable", analyse le quotidien, pour qui le président français "a signalé par sa ferme poigne à son homologue américain qu'il n'était pas le seul mâle alpha dans la pièce". 

Même commentaire pour le New York Times: "Les mâchoires serrées, leur visage alternant entre sourires et grimaces, les deux hommes se sont serrés la main jusqu'à ce que les jointures de Donald Trump pâlissent". L'agence de presse Reuters a quant à elle qualifié la séquence de "diplomatie de la poignée de main". La chaîne CBS a pour sa part évoqué la bataille de la poignée de main qui a tourné à "l'épreuve de force". 

"Macron anéantit Trump dans la bataille de poignée de main la plus embarrasante de tous les temps", juge Mashable. Pour le quotidien britannique The Guardian, il s'agit même d'une poignée de main de type "jujitsu".

Sur les réseaux sociaux, le geste a été largement commenté. "Une poignée de main tout à fait normale entre deux hommes", ironise ce journaliste de Buzzfeed.

"Le mieux ce n'est pas la poignée de main en elle-même, mais Macron qui fait comme si c'était normal", tweete une autre.

Une compétition de cour de récréation

Mais comme le regrette Bloomberg, ce genre de poignée de main n'est pas très éloignée d'une compétition "de cour de récréation".

Dans l'après-midi, les deux présidents se sont à nouveau retrouvés à l'occasion du sommet de l'Otan. Donald Trump a, semble-t-il, eu à cœur de ne pas en rester là. Lors de leur seconde poignée de main, le locataire de l'Élysée a moins maîtrisé la situation. La poignée de main avec Emmanuel Macron a été encore plus soutenue que la précédente, au point d'amuser les autres chefs d'État.

Le président américain s'est cette fois agrippé -il l'avait déjà fait peu avant avec le Premier ministre belge comme le rapporte le Huffington post- au français en lui tirant ostensiblement le bras. Après une série de tapes sur l'épaule pour clôturer cet échange vigoureux, les deux hommes sont finalement rentrés dans les rangs. Emmanuel Macron est d'ailleurs revenu sur sa première rencontre avec son homologue américain, évoquant un entretien "franc et direct".

La seconde poignée de main entre Donald Trump et Emmanuel Macron
La seconde poignée de main entre Donald Trump et Emmanuel Macron © Christophe Licoppe-AFP

Les précédents Trudeau, Abe ou Merkel

Les poignées de main de Donald Trump font souvent l'objet de commentaires, comme avec le Premier ministre canadien Justin Trudeau, jugée courte et fraîche, ou encore celle du japonais Shinzo Abe, de 20 secondes, interminable et gênante. Avec la chancelière allemande Angela Merkel au mois de mars dernier il avait refusé de la lui serrer.

Un professeur d'arts martiaux a ainsi diffusé des conseils pour "se défendre face aux poignées de main" du nouveau locataire de la Maison Blanche avec une vidéo tuto pour parer à ce type d'empoignades embarrassantes. Une autre fois, Justin Trudeau ne s'y était pas fait prendre et avait trouvé une parade en attrapant le bras de Donald Trump.

Céline Hussonnois-Alaya