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Prise d’otages en Algérie: le récit d’un assaut tragique

Le site gazier de BP visé par une attaque terroriste le 16 janvier 2013

Le site gazier de BP visé par une attaque terroriste le 16 janvier 2013 - -

Après une journée d'assaut qui s'est achevée jeudi soir à 21h, l'inquiétude règne sur le sort des otages du site gazier de BP en Algérie. Les informations sont confuses et différents chefs d'Etat expriment leur vive inquiétude.

L'inquiétude règne à In-Amenas, en Algérie, sur le site gazier de BP. Au lendemain d'une importante prise d'otages d'algériens et d'étrangers par des islamistes, l'armée algérienne a donné l'assaut, faisant plusieurs victimes.

Après avoir annoncé la fin de l'assaut vers 21h (heure française), l'agence APS tempérait toutefois deux heures plus tard, affirmant que l'armée algérienne maîtrisait bien une partie du site mais que l'usine était toujours encerclée. Retour sur une journée mouvementée. 

>> Revivez la journée d'assaut de l'armée algérienne en cliquant ici

L'armée algérienne donne l'assaut

Une attaque aérienne. Jeudi, à la mi-journée, un ravisseur annonce à l’agence de presse mauritanienne ANI qu’un hélicoptère bombarde le site gazier de BP. L’information est confirmée deux heures plus tard par les gouvernements britannique, français, algérien et japonais.

Un Britannique et un Algérien sont tués dans l'assaut, et six personnes sont blessées, dont trois étrangers.

Selon les informations de Leila Beratto, correspondante de RFI en Algérie, "en début d’après-midi, l’armée algérienne a bombardé une colonne de véhicules des ravisseurs qui tentaient de s’échapper de In Amenas, c’était la quatrième tentative de fuite des preneurs d’otages. Ils tentaient d’emmener avec eux cinq otages mais ont été repoussés."

Négociations rompues. Elle précise également que les négociations avec les ravisseurs ont été rompues : "les autorités étaient prêtes à négocier, à condition que les ravisseurs 'ne touchent pas' aux otages". Cette condition n'aurait donc pas été respectée.

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Hollande confirme la présence de Français

"Des conditions dramatiques". Alors que l’on apprend l’assaut de l’armée algérienne, François Hollande, lui, confirme la présence de Français parmi les otages.

Devant une "situation confuse" qui évolue "d'heure en heure", le chef de l'Etat n'a pas voulu donner de précisions mais a indiqué avoir "à l'esprit la vie de nos ressortissants". "Il y en avait, il y en a sur ce site", a-t-il ajouté.

Plus tard dans la journée, à l’occasion des vœux adressés au monde économique, le président a affirmé que "la prise d’otages se dénoue dans des conditions dramatiques". Le ton est très grave, l'inquiétude, bien réelle.

Un premier bilan très flou

Premier bilan des autorités algériennes... Difficile de donner des informations précises sur les otages, alors qu'on ignore toujours combien exactement sont retenus sur le site. Jeudi soir, les autorités algériennes ont confirmé "quelques morts et blessés", ainsi que "de nombreux otages libérés". Mais impossible de citer des chiffres plus précis.

... et premier bilan des ravisseurs. Dans l’après-midi, l’agence ANI évoque la mort de 34 otages et 15 ravisseurs. Des chiffres issus des preneurs d'otages, qui n’ont pas été confirmés depuis.

De son côté, l’AFP relaie l’information d’une chaîne privée algérienne, Ennahar, selon laquelle 15 otages étrangers se sont échappés. Parmi eux, une infirmière urgentiste française qui travaillait sur le site. L’information n’est pas confirmée.

Quatre évasions. L’agence algérienne APS finit par confirmer l’évasion de quatre otages étrangers, dont un Français, très probablement l’infirmière. Les autres ressortissants sont un Kényan, un Irlandais, un Français et un Anglais. L’information est confirmée notamment par Dublin, qui indique que l’otage est "en bonne santé".

Enfin, l’APS affirme que 600 travailleurs auraient été libérés par l’armée algérienne.

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La crise devient internationale

Cameron inquiet. Devant le manque d'informations donné par le gouvernement, les différents gouvernements réagissent. Jeudi, le Premier ministre britannique David Cameron a indiqué qu’il "aurait aimé être prévenu" de l’opération. "Très inquiet", David Cameron souhaite "des éclaircissements" auprès des autorités algériennes. Il annule donc un discours sur l'Europe prévu vendredi.

Les Etats-Unis réagissent aussi. La Maison Blanche se dit "très inquiète", et Washington annonce le renfort de la sécurité de ses intérêts en Afrique du nord.

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Le Japon demande l'arrêt de l'assaut. Quant au Japon, "préoccupé", il demande à l’Algérie via son Premier ministre Shinzo Abe, de "cesser immédiatement" son attaque. Sans succès. L'assaut prendra fin deux heures plus tard.

Ariane Kujawski