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Otages en Algérie : les méthodes algériennes inquiètent

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Le flou règne encore sur l'assaut donné jeudi par l'armée algérienne pour libérer les otages du site gazier BP des mains de jihadistes. Mais les méthodes habituelles de l'Algérie font craindre le pire.

La prise d'otages sur un site gazier en Algérie "semble se dénouer dans des conditions dramatiques". En faisant un rapide point sur la situation en Algérie jeudi soir, François Hollande n'a pas fait secret de l'inquiétude qui prévaut désormais quant à l'issue de la prise d'otages, où la présence de Français sur place a été confirmée par le président lui-même.

Un premier bilan, donné par les preneurs d'otages, fait état de 34 otages et 15 assaillants morts au cours de cet assaut critiqué publiquement par le Royaume-Uni et le Japon.

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Il manque en effet encore énormément d'éléments pour juger l'assaut de l'armée algérienne contre un groupe de combattants jihadistes. Mais les choses ne semblent pas bien se passer. Dès le début d'après-midi sur BFMTV, Ulysse Gosset, spécialiste des questions internationales, expliquait que "les tentatives de négociations de l'Algérie, via des émissaires touaregs, n'étaient qu'un leurre".

>> Document BFMTV - "Ils cherchaient des expatriés, des étrangers" témoigne un ex-otage

Le souvenir de l'airbus en 1994

Dominique Rizet, de son côté, se souvenait de l'attaque de l'Airbus Air France à l'aéroport d'Alger en 1994 avec 214 passagers à son bord. "L'avion a rapidement été entouré de chars et de blindés. Charles Pasqua, alors ministre de l'Interieur avait tout fait pour que l'avion puisse décoller vers Marseille afin que se soit le GIGN qui intervienne".

En effet, en matière de terrorisme, l'Algérie, comme la Grande-Bretagne par exemple, est rétive à toute tentative de négociation. Quitte à sacrifier les otages. A l'inverse, la France tente d'obtenir la reddition par négociation.

La communauté internationale s'interroge

D'autant plus que cette fois il sagit pour l'Algérie d'une "question de défense nationale." Christian Prouteau, fondateur du GIGN, explique qu "cette méthode tient du temps du bras de fer avec le GIA. Négocier une fois c'était s'exposer à la multiplication des prises d'otages."

Une philosophie qui n'inquiète pas seulement la France. Depuis la fin d'après-midi, le Premier ministre britannique David Cameron a regretté "de ne pas avoir été informé", Washington a demandé "des éclaircissements" et le Japon a purement et simplement appelé Alger "à cesser son opération militaire.

Insuffisant cependant puisque l'Algérie affirme ce soir que "l'opération de l'armée se poursuit". 

Julie Guillot (sujet vidéo) et Samuel Auffray