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Prise d’otage en Algérie : que sait-on sur le site gazier attaqué ?

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L'usine de Tiguentourine, où sont retenus les otages en Algérie, est exploitée depuis 2006 par le géant BP, Statoil et Sonatrach. Ce qu'il faut retenir sur le complexe industriel.

Des islamistes retiennent en otage plusieurs dizaines de salariés algériens et étrangers dans l'usine gazière de Tiguentourine. Le site gazier emploie un grand nombre d’Occidentaux, notamment des Américains et des Britanniques. Jeudi, François Hollande a confirmé la présence d’otages français. Que sait-on sur ce site et pourquoi a-t-il été attaqué ? BFMTV.com fait le point.

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Que sait-on de cette usine ?

Située dans le sud-est désertique de l’Algérie, l’usine gazière de Tiguentourine est très isolée, à 40 km de la ville d’In Amenas. Le site est exploité depuis 2006 par le géant pétrolier britannique BP, le norvégien Statoil et la Sonatrach algérienne.

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Que fait-elle ?

L'usine de traitement du gaz elle-même a été construite par une coentreprise entre le japonais JGC et Kellogg, Brown and Root (KBR, ex-filiale de l'américain Halliburton), ce qui pourrait expliquer la présence de Japonais et d'Américains parmi les otages. L'usine traite du gaz dit "humide", c'est à dire contenant des condensats liquides semblables au pétrole brut.

Combien d'employés travaillent sur le site ?

Le complexe industriel emploie au total environ 700 personnes, dont une majorité d’Algériens. La plupart sont des sous-traitants, même si le nombre exact de personnes présentes sur le site de l’assaut reste incertain.

Combien génère-t-elle d'argent?

L'ensemble du projet mené par BP, Sonatrach et Statoil représente un investissement de près de 2 milliards de dollars. Sa production théorique s’élève à 9 milliards de mètres cube de gaz par an, soit environ 12% de la production algérienne, et 50.000 barils de condensats par jour. Le site représente 18% des exportations de gaz du pays.

Comment est organisée la vie sur le site ?

Le site gazier est composé d’une usine gazière, d’une "base de vie", et d’une base militaire. La "base-vie" héberge et nourrit des employés du site, située à 3,7 kilomètres. Celle-ci est gérée par la société française CIS Catering, basée à Marseille. Entre l'usine et la base-vie, se trouve également un camp militaire, visible sur les images satellites, dans une zone classée "zone d'exclusion", c'est à dire en théorie non accessible sans laissez-passer des autorités algériennes.

Combien d'otages sont retenus par les islamistes?

Quarante-et-un étrangers auraient été pris en otages sur le site par un groupe lié au réseau Al-Qaïda, qui réclame entre autres l'arrêt de l'intervention militaire française au Mali voisin. Une vingtaine d’expatriés BP travaillent sur le site. Statoil, quant à lui, avait 17 salariés au moment de l’assaut, dont 12 seraient "affectés" par la prise d’otage.

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L. B. avec AFP