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Attaque d'un site BP en Algérie : ce qu'il faut retenir de la prise d'otages

Le site gazier exploité en partie par BP à Tigantourine, dans le centre-est de l'Algérie

Le site gazier exploité en partie par BP à Tigantourine, dans le centre-est de l'Algérie - -

Des combattants islamistes ont revendiqué mercredi soir retenir en otage 41 Occidentaux, dont des Français, après avoir attaqué à l'aube un site gazier dans le sud-est de l'Algérie. BFMTV.com fait le point.

Un site gazier de British Petroleum en Algérie a été attaqué, mercredi matin, par des combattants liés à Al-Qaïda. Ces derniers revendiquent mercredi soir une quarantaine d'otages occidentaux, dont des Américains et des Européens. Le flou demeure sur d'éventuels otages français, le président François Hollande lui-même n'ayant pas été en mesure de confirmer la présence ou non de ressortissants retenus sur le site attaqué. Le point sur une situation jugée "préoccupante".

Que s'est-il passé sur le site de BP ?

Une attaque en deux temps. "Un groupe de terroristes fortement armé est arrivé à bord de trois véhicules et a investi mercredi à 5h, la base-vie de Sonatrach à Tigantourine", un site gazier exploité par le groupe britannique BP, le norvégien Statoil et l'algérien Sonatrach, situé à Tigantourine, dans le centre-est de l'Algérie, a expliqué le ministère algérien de l'Intérieur.

"L'attaque a visé d'abord un bus qui quittait cette base et transportait des étrangers vers l'aéroport d'In Aménas" avant d'être "repoussée par les unités d'escorte", a détaillé le ministère algérien. Les assaillants se sont ensuite emparé d'une partie du site gazier, prenant en otages "un nombre indéterminé de travailleurs, dont des ressortissants étrangers", selon le ministre algérien Dahou Ould Kablia. Un Algérien et un Britannique ont été tués au cours de l'attaque et trois autres personnes étrangères ont été blessées, toujours selon la même source.

Qui sont les otages ?

Des Occidentaux dont des Américains... Un porte-parole des ravisseurs, cité par deux sites d'informations mauritaniens, Agence Nouakchott information et Sahara Medias, a assuré que "41 ressortissants occidentaux, dont 7 Américains, des Français, des Britanniques et des Japonais", avaient été pris en otages.

Washington a confirmé que des Américains figuraient bien parmi ces otages, sans donner de détails sur leur nombre ou leur identité. De leurs côtés, Dublin et la presse norvégienne ont rapporté qu'un Irlandais et un Norvégien faisaient partie des personnes capturées.

Selon les ravisseurs, cinq otages sont retenus dans l'usine alors que les 36 autres se trouvent sur un "site d'hébergement".

... et 150 Algériens. On sait également que cent cinquante employés algériens du groupe français CIS Catering sont retenus sur le site. Selon son PDG, Régis Arnoux, les expatriés "auraient regroupés et attachés". "Les employés algériens, eux, n'ont pas la possibilité de partir. Ils sont retenus à l'intérieur du site. La situation est très préoccupante", a-t-il jugé.

Il était l'invité de BFMTV mercredi soir :

Des Français sont-ils retenus en otage ?

La France ne confirme pas mais ne dément pas. "A l'instant où je parle, une prise d'otages a lieu en Algérie sur un site pétrolier, avec un nombre de personnes retenues dont nous ne pouvons pas encore connaître l'exactitude", a déclaré François Hollande lors de ses voeux aux parlementaires, mercredi soir. "De même pour les ressortissants français qui pourraient être concernés", a-t-il ajouté.

"Je suis en liaison permanente avec les autorités algériennes qui font et feront leur devoir", a assuré le président. La radio RTL affirme de son côté qu'il y aurait "une demi-douzaine de Français" parmi les otages.

Qui sont les ravisseurs ?

Liés à Aqmi. Les auteurs de la prise d'otages ne sont venus ni de Libye ni du Mali selon le ministre algérien de l'Intérieur. Les ravisseurs proviennent de la brigade de Mokhtar Benmokhtar al-Moulathamine, a-t-il précisé.

Surnommé "le Borgne", Belmokhtar est un des chefs historiques d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qu'il a introduit dans le nord du Mali.

Décryptage. Le point en cartes et en vidéo avec notre spécialiste en géopolitique, Harold Hyman :

Que réclament-ils ?

L'arrêt de l'intervention française au Mali. L'attaque de mercredi est une réponse "à l'ingérence flagrante de l'Algérie autorisant l'usage de son espace aérien par l'aviation française pour mener des raids contre le nord du Mali", ont fait savoir les ravisseurs. Ils ont précisé leurs motivation via un communiqué publié quelques heures plus tard, évoquant une attaque "en réaction à (...) la croisade menée par les forces françaises au Mali" et réclamant "l'arrêt de l'agression" au Mali.

Dans la soirée, un employé du site gazier a déclaré par téléphone que "les ravisseurs réclament la libération de 100 terroristes détenus en Algérie pour relâcher leurs otages". "Les assaillants ont exigé que ces islamistes soient conduits dans la région du nord Mali" a-t-il ajouté.

Mais le ministre algérien de l'Intérieur Dahou Ould Kablia a coupé court à ces revendications, réaffirmant que la position de l'Algérie était de nepas négocier avec les "terroristes".

M. G. et S. C. avec AFP