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Guerre au Mali : un ennemi à trois têtes

Carte des zones de conflits au Mali

Carte des zones de conflits au Mali - -

La France est partie en guerre au Mali. Mais contre qui ? Décryptage des trois groupes ennemis.

La France, en "guerre contre le terrorisme", a décidé vendredi d'intervenir au Mali. Face à l'armée française, des groupes islamistes. Qui sont-ils ? Le point sur trois groupuscules, tous liés au réseau d’Al-Qaida, qui prônent l'application de la charia, au nom de laquelle de nombreuses exactions sont commises.

- Aqmi

Aqmi, d'abord. Il s'agit de la branche d’Al-Qaida ("la base", en arabe) au Maghreb islamique. Issu de l’ancien GSPC, groupe salafiste algérien pour la prédication et le combat, Aqmi a fait vœu d’obéissance au réseau Al-Qaida fondé par Ben Laden, et dispose depuis 2007 de bases dans le Nord malien. Une zone où elle mène régulièrement des attaques et des enlèvements d'Occidentaux dans plusieurs pays du Sahel. Le nombre de membres se situe entre 80 et 200 personnes. Aqmi serait divisé en deux "katibas", des brigades combattantes, dont le chef le plus connu est Abou Zeid, qui réside à Tombouctou, ville devenue fief de l'organisation.

90% des ressources d'Aqmi viendraient des rançons obtenues contre la libération d'otages. Par ailleurs, l’organisation détient toujours depuis 2010, quatre employés du groupe Areva, et deux autres Français, depuis 2011.

- Ansar Dine

Dirigée par Iyad Ag Ghaly, Ansar Dine se fait connaître en 2012. Cette mouvance islamiste est anciennement liée au Mouvement National de Libération de l’Azawad, rébellion autonomiste touareg dans le Nord du Mali. Bien que ces deux groupes partagent le même objectif séparatiste, le point de discorde est religieux. Le premier lutte pour l’application rigoriste de la loi islamique, le second pour l’instauration d’une République laïque et démocratique. Dans un communiqué, adressé le 20 mars à l’AFP, Ansar Dine rappelle son mot d'ordre : "quiconque n'est pas d'accord avec nous doit quitter nos terres".

Dimanche, une source sécuritaire régionale a indiqué qu'un haut responsable de l’organisation terroriste a été tué dans les combats de ces derniers jours.

- Mujao

Fondé par le Mauritanien Abou Ghoum-Ghoum, le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest est né d’une scission d'Al-Qaida au Maghreb islamique. Il est apparu au grand jour en décembre 2011 en revendiquant des enlèvements au Mali, mais aussi en Algérie. Une septième personne a été enlevée le 20 novembre dans l'ouest du Mali par le Mujao. Ses principaux revenus viennent d’activités de contrebande (trafic de drogue, essence, notamment). Le 7 décembre, le département d'Etat a annoncé l'inscription du Mujao sur l'une de ses listes d'organisations terroristes.

Lundi, Abou Dardar, l'un des responsables, a menacé directement la France de représailles : "Au nom d'Allah, nous allons frapper le coeur de la France" a-t-il déclaré.

Mélanie Godey