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"Populations disparues à l'horizon 2100" à cause du réchauffement: de qui Emmanuel Macron parle-t-il?

Les Maldives, l'un des Etats insulaires concerné.

Les Maldives, l'un des Etats insulaires concerné. - Michael Hobi - Wikimedia CC

Emmanuel Macron n'a pas dramatisé les effets du réchauffement climatique en marche dans son intervention à la COP23: un nombre considérable de populations sont menacées par le réchauffement climatique.

Devant les membres de l'ONU lors de la 23e conférence sur le climat se tenant cette année à Bonn, en Allemagne, Emmanuel Macron a adressé mercredi un avertissement solennel. "Si nous continuons comme nous faisons aujourd'hui, quels que soient les efforts déjà faits ces dernières années, cela veut dire que nous acceptons tacitement, collectivement, ici, la disparition d'un bon nombre de populations ici représentées, à l'horizon 2100", a martelé le président. En proposant que l'Europe supplée à une baisse de financement du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), le chef de l'Etat montre sa volonté de faire avancer la cause de la lutte contre le réchauffement climatique.

Or la France, pourtant à l'initiative sur ce dossier du réchauffement lors de la COP21, et l'Allemagne, ne font pas tout ce qui serait en leur mesure pour enrayer le dérèglement climatique. La première en repoussant sa sortie partielle du nucléaire et sa transition énergétique au-delà de 2025 et la seconde, en voulant préserver l'utilisation du charbon et son industrie automobile. Comme l'a souligné le président de la République, les "pays les plus fragiles" pâtiront le plus des changements à venir. Mais de quelles populations Emmanuel Macron parle-t-il?

Des vagues de chaleur excédant les capacités de tolérance humaine

Si en 2100 la température dans l'Hexagone pourrait allègrement flirter avec les 50°C voire 55°C dans le Sud, certaines régions du monde risquent de devenir proprement inhabitables.

Ainsi, une récente étude du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et de l'Université Loyola Marymount montre que l'Asie du Sud pourrait faire les frais de vagues de chaleur mortelles. "Plus que l'organisme humain peut supporter", notaient les chercheurs. Sans oublier une perte dramatique de production agricole dans certaines régions autrefois fertiles "y compris dans les bassins fertiles de l'Indus et du Gange".

L'Asie ne sera bien sûr pas la seule touchée par cette chaleur excessive. La sécheresse risque de s'emparer bien avant 2100 de certaines régions comme le sud de l'Europe, des Etats-Unis, d'Amérique du Sud, du Moyen-Orient... Dans cette dernière zone du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, qui abrite actuellement 500 millions d'habitants, la durée moyenne des canicules pourrait passer de 16 jours observés en moyenne sur la période 1986-2005, à plus de 100 jours en 2100, selon des prévisions d'une étude de chercheurs de l'Institut Max-Planck de chimie en Allemagne et l'Institut de Chypre, dont Futura Sciences se faisait l'écho.

Après nous, le déluge et l'engloutissement

Outre la chaleur, la montée des eaux est l'autre grand problème rendant inhabitables certains territoires. Tout l'enjeu est de savoir de combien précisément la température augmentera d'ici à 2100. A l'échelle de la planète, un degré de différence en plus ou en moins peut sceller ou non le sort d'une région. Plus il fait chaud, plus les glaces telles que celles du Groenland fondent, mais aussi et surtout, plus l'eau de la mer se dilate et occupe un plus grand volume.

Et les îles-confettis du Pacifique, pour qui la menace reste imminente, ne sont pas les seules concernées. Même avec une hausse limitée, à "seulement" 2°C, de nombreuses grandes villes seraient menacées par la montée des eaux. Parmi les pays particulièrement affectés: Inde, Bangladesh, Vietnam, Indonésie, Japon, Etats-Unis, Philippines, Egypte, Brésil, Thaïlande, Birmanie et plus près de nous les Pays-Bas. Ainsi à +2°C, le niveau des mers continuera à s'élever, pour couvrir des territoires aujourd'hui peuplés de 280 millions de personnes, pointe l'étude de l'institut de recherche Climate Central, qui avait été publiée trois semaines en amont de la conférence sur le climat de Paris. Mais à +4°C, le phénomène concernerait plus de 600 millions d'habitants.

Certains lieux, futures Atlantide, disparaîtront corps, civilisation, faune, flore et biens sous les eaux ou à cause de la chaleur. Ainsi Bangkok, Venise, les glaciers français, Les Maldives ou la Grande barrière de corail australienne.

Ce 13 novembre, 15.000 scientifiques spécialistes du climat ont lancé un cri d'alarme dans la revue Bioscience et dans Le Monde, 25 ans après l'avoir fait lors du sommet de la terre de 1992. Leur avertissement sera-t-il mieux entendu?

David Namias