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Ces lieux qui pourraient disparaître: Venise, la future Atlantide

La place Saint-Marc et le Palais des Doges de Venise en 2013, vus du canal de la Giudecca.

La place Saint-Marc et le Palais des Doges de Venise en 2013, vus du canal de la Giudecca. - Jean-Christophe Benoist - Wikimedia CC

3/5 - Cet été, BFMTV.com vous emmène dans cinq lieux de la planète menacés ou condamnés par le réchauffement climatique. Nous voici à Venise, l'une des merveilles du monde, d'autant plus précieuse qu'elle se sait vouée à la disparition, malgré les moyens colossaux mis en œuvre pour la retarder.

Concernée par la montée des eaux, Venise l'est depuis sa fondation. Construite à l'origine sur une centaine d'îlots reliés par un dédale de canaux, la Sérénissime est habituée au phénomène de l'acqua alta (photo ci-dessous), cette période annuelle d'inondations liées aux fortes marées.

Aux cycles naturels s'ajoute maintenant la main de l'homme, dont l'empreinte précipite le réchauffement climatique. Venise noyée pour toujours? "La question n'est pas de savoir si cela arrivera, mais simplement quand", prophétise un rapport de l'Unesco après un atelier organisé à Venise en novembre 2010.

Au rythme actuel, le niveau moyen des mers augmente de 2 à 3 mm par an à l'échelle mondiale, un peu moins en Méditerranée, mais à Venise, ce phénomène inéluctable de submersion est amplifié par l'affaissement des sols, lié tout autant à leur géologie qu'au poids des constructions. Ainsi, en marge de la lutte désespérée contre la montée des eaux, le centre historique reste menacé d'effondrement dans les années à venir.

L'acqua alta ("hautes eaux") sur la place Saint-Marc à Venise, le 15 octobre 2012. Des passerelles sont installées aux endroits les plus passants pour permettre aux piétons de garder les pieds au sec.
L'acqua alta ("hautes eaux") sur la place Saint-Marc à Venise, le 15 octobre 2012. Des passerelles sont installées aux endroits les plus passants pour permettre aux piétons de garder les pieds au sec. © dalbera - Wikimedia CC

MOSE, un projet pharaonique pour sauver Venise

Réaliste mais pas fataliste, Venise combat la montée des eaux à grands coups de milliards. La ville a engagé un chantier titanesque baptisé MOSE, pour Moïse en italien, pour une facture finale estimée à 5,5 milliards d'euros. Le projet consiste à ériger un système de 79 énormes digues mobiles avec commande à distance, pour tenter de contrôler les masses d'eau qui empruntent les trois entrées maritimes de la lagune vénitienne.

Censé être livré en 2016, le dispositif MOSE a été conçu pour mettre Venise à l'abri de la noyade pour les cent prochaines années. Ce jeu de barrières sans précédent pourra être actionné en 30 minutes, un laps de temps suffisamment court pour empêcher une inondation, assurent ses concepteurs. "Venise sera protégée des grandes inondations pendant au moins un siècle", a affirmé au Figaro Mauro Fabris, le président du consortium chargé de la réalisation du projet. "Même en tenant compte d'un relèvement du niveau de l'Adriatique, 60 centimètres en un siècle dans l'hypothèse la plus pessimiste".

Et après? Reculer pour mieux sombrer, commenteront justement les pessimistes. Mais si la montée du niveau des mers se poursuit, les limites de la physique s'imposeront probablement avant celles du gouffre financier déjà creusé pour préserver ce patrimoine unique au monde.

Construction de l'île artificielle du projet MOSE dans la passe du Lido, le 18 octobre 2012 dans la lagune de Venise.
Construction de l'île artificielle du projet MOSE dans la passe du Lido, le 18 octobre 2012 dans la lagune de Venise. © dalbera - Wikimedia CC