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Pour se démarquer de Wauquiez, Pécresse lance son mouvemen, Libres !

Valérie Pécresse (c), le 2 septembre 2017 à La Baule

Valérie Pécresse (c), le 2 septembre 2017 à La Baule - LOIC VENANCE, AFP

Valérie Pécresse lance son propre mouvement pour faire tenter d'exister une droite "modérée" au sein des Républicains face à la ligne "dure" de Laurent Wauquiez.

Valérie Pécresse n'affrontera pas Laurent Wauquiez pour conquérir la rue de Vaugirard, mais prend du champ au sein des Républicains. La présidente de la région Île-de-France, lance ce dimanche son mouvement, Libres !, avec la volonté de défendre une droite "ferme, sociale et réformatrice" au sein de LR et de se démarquer de la ligne droitière incarnée par le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Environ "250 élus LR sur les 500" qui adhérent au parti devraient être présents, selon l'entourage de Valérie Pécresse, qui insiste sur l'appartenance de ces derniers aux différentes sensibilités des Républicains, gaullistes, libéraux, conservateurs, ayant soutenu l'un ou l'autre des candidats à la primaire de la droite (Sarkozy, Juppé, Fillon, Le Maire...).

L'ancienne ministre elle-même avait été proche de François Fillon avant de finalement rejoindre Alain Juppé dans la campagne pour la primaire de la droite..

Refonder la droite

Avant le discours de la fondatrice de Libres !, prévu à 14h30, deux tables rondes seront organisées dans la matinée, l'une portant sur les questions régaliennes, l'autre sur les questions économiques. La première, intitulée "Pour des réponses efficaces aux menaces d'aujourd'hui et de demain", se déroulera en présence du sarkozyste Frédéric Péchenard, ancien Directeur général de la police nationale.

Eric Woerth, président de la Commission des Finances à l'Assemblée, dirigera la seconde, "pour une nouvelle croissance riche en emplois". La patronne de l'Île-de-France, dont la région a obtenu en juillet le label "Région européenne entreprenante", a invité plusieurs chefs d'entreprise à venir s'exprimer, ainsi que l'essayiste Robin Rivaton, directeur général de Paris Région Entreprises, l'agence de développement économique de la région IdF.

Cette réflexion fera partie des travaux qu'elle fixe à son micro-parti, celui d'une droite qu'elle veut "sociale, réformiste, ouverte et humaine".

"Il faut tout réinventer, être beaucoup plus imaginatif, sur le pouvoir d'achat, les flux migratoires, ça ne peut pas être la fermeture des frontières", dit-elle.

Mais "il n'est pas question de diviser la droite" car "la droite est diverse", affirme également celle qui refuse de participer à "une guerre des chefs". "Libres ! est créé au sein de LR", ajoute l'élue, qui ne sera pas candidate à l'élection de la présidence de son parti, en décembre, mais veut néanmoins participer à "la bataille des idées".

Ligne rouge avec le FN

La création de son mouvement est un moyen pour elle de se démarquer de son homologue de la région Auvergne-Rhône-Alpes et favori parmi les six candidats déjà déclarés au scrutin de décembre, à qui elle reproche une "porosité" avec le Front national, une "ligne rouge" à ses yeux.

"Moi, je constate une chose, c'est qu'aucun leader du FN ne dit qu'il veut travailler avec moi", affirme-t-elle.

Une allusion à Laurent Wauquiez, avec qui Marion Maréchal-Le Pen, ex-élue FN, pense qu'il y a "des choses à faire". Et avec qui Florian Philippot, vice-président du FN, a dit vouloir prendre un café.

Pas question d'un "retour à la ligne (Patrick) Buisson, celle qui nous a fait perdre en 2012", affirme-t-elle. Mais pas question non plus de s'allier aux "constructifs, partis En marche". Valérie Pécresse tente d'occuper l'espace politique laissé vacant par Alain Juppé.

"L'avenir de la droite, ça ne peut pas être la ligne Macron, ni la ligne Buisson", insiste-t-elle.

Parmi les élus qui devraient être présents à Argenteuil figurent notamment les sarkozystes Roger Karoutchi, Isabelle Debré, les fillonistes Jean-François Lamour, Gilles Carrez ou Jérôme Chartier, les juppéistes François Grosdidier et Philippe Gosselin ou encore le Lemairiste Didier Quentin.

Soixante-quinze personnalités de droite, dont Florence Berthoud, présidente du groupe LR au Conseil de Paris, David Lisnard, maire de Cannes, ou David Douillet ont en outre apporté dimanche leur soutien à Valérie Pécresse dans une tribune publiée dans le JDD. 

L.N. avec AFP