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Les Républicains envoient un "questionnaire de la refondation" aux militants

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Photo d'illustration - GABRIEL BOUYS / AFP

Les 250.000 militants Les Républicains (LR) sont interrogés dans un questionnaire en ligne sur les sujets brûlants qui divisent le parti.

Comment soigner 250.000 gueules de bois? Après les défaites électorales de 2017, cruelles pour un parti à qui la victoire semblait promise quelques mois avant l'élection, les cadres des Républicains, incapables de se mettre d'accord sur la direction à prendre, s'en remettent désormais aux militants. Le parti, qui se choisira en décembre un nouveau président, a ainsi adressé un "questionnaire de la refondation" à ses ouailles, révèle Le Monde.

Le questionnaire en ligne, qui complète les "ateliers de la refondation" lancés par LR, sonde la "base" en 27 questions, divisées en quatre catégories: "Mieux vous connaître", "Les valeurs", "Votre engagement", "La vie du mouvement". Plusieurs de ces questions touchent au cœur des divisions internes du parti, divisé entre les courants "constructifs" (Thierry Solère, Franck Riester), "classiques" (Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, François Baroin) et "identitaires" (Laurent Wauquiez, en lice pour la présidence du parti, Éric Ciotti).

Grands brûlés de 2017

Après une dizaine de questions, on entre ainsi dans le vif du sujet: "Croyez-vous toujours au clivage droite-gauche?", "Plusieurs sensibilités vous paraissent-elles pouvoir coexister au sein de notre mouvement ?" Sujet brûlant, puisque Les Républicains macronistes - les "traîtres", selon Éric Ciotti - ont fait sécession à l'Assemblée dans le groupe des "constructifs", et que quatre membres du parti sont au gouvernement. 

Autre point sensible, après une primaire à laquelle beaucoup attribuent désormais la responsabilité de tous les maux: "Quelles doivent être les principales missions du mouvement Les Républicains ?" Réponses au choix: un lieu de débat et de formation, ou une structure de désignation des candidats aux élections, telle qu'était conçue l'UMP. 

Au bout de l'examen de conscience des militants, également interrogés sur les "valeurs essentielles" de la droite, une question urticante: "Quelles sont, selon vous, les principales raisons de l’échec de la droite et du centre à la dernière présidentielle ?" Trois réponses maximum parmi les huit proposées. Parmi elles: "Le climat des affaires" et "un manque d'union de notre famille politique". Le nom de François Fillon n'est jamais cité. "Pudeur de gazelle", dirait Jean-Luc Mélenchon.

Louis Nadau