BFMTV

Chez Les Républicains, Wauquiez joue les rassembleurs

Laurent Wauquiez

Laurent Wauquiez - PHILIPPE DESMAZES / AFP

Laurent Wauquiez, pas encore candidat à la présidence des Républicains, tente déjà de se poser en rassembleur de sa famille politique malgré sa ligne droitière.

C'est un secret de polichinelle: Laurent Wauquiez ambitionne de prendre la tête des Républicains lors des élections internes du parti, les 10 et 17 décembre prochains. Conforté dans son statut de favori par les renoncements de Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a cependant adressé, dans un entretien au Monde, un message de rassemblement à sa "famille" politique.

"La question de la diversité des sensibilités est inscrite dans l'histoire de la droite. Le prochain président de LR devra veiller à leur expression", déclare ainsi Laurent Wauquiez, dont la ligne très droitière est rédhibitoire pour une large frange des "modérés" et autres "constructifs" du parti.

Magnanime, l'ex porte-parole du gouvernement explique: "On a évidemment besoin de la voix de Valérie Pécresse, elle a toute sa place à l’intérieur, ou de Xavier Bertrand. Qu’est-ce que c’est que cette conception étrange de la vie politique qui consiste à dire 'si ce n’est pas moi qui gagne, je quitte le parti' ?"

Face à un parti morcelé, Laurent Wauquiez fait appel à la culture du chef cher à la droite. 

"Nicolas Sarkozy a pris les rênes de l’UMP sans avoir de personne capable de se mettre en travers de lui, et pourtant il a construit un très beau parti politique. Jacques Chirac a pris la responsabilité du RPR, et personne ne s’est mis en travers de lui."

Les "Constructifs" dans le viseur

Pas de pitié, en revanche, pour les "constructifs" et autres ministres alliés d'Emmanuel Macron: "Ils ont trahi pour occuper des postes, ils nous ont quittés d'eux-mêmes." Mercredi sur notre antenne, le député du groupe "Constructifs" Thierry Solère s'en remettait aux adhérents du parti pour "fixer la ligne en décembre prochain". Selon lui "parfaitement dans l'ADN" du parti, l'élu des Hauts-de-Seine invitait toutefois "ceux qui veulent entraîner Les Républicains dans un parti de droite identitaire" à "aller au Front national".

"Caricatures", réplique l'ancien maire du Puy-en-Velay. "J'ai fait la preuve à travers mon itinéraire, à la tête de ma ville ou de ma région, qu'on peut avoir des convictions claires et en même temps être capable de rassembler. On se trompe en pensant qu'il faut se diluer pour pouvoir fédérer. Être de droite en France, ce n'est pas une maladie honteuse." 

Une position de droite assumée. "Décomplexée", dirait Jean-François Copé. Laurent Wauquiez, qui revendique de s'adresser aux électeurs frontistes, récuse cependant l'idée d'une course à l'extrême droite:

"Arrêtons les procès de Moscou. Cela fait trente ans qu'on cherche par ce biais à empêcher la droite d'exprimer ses idées. La question des alliances avec le FN est artificielle: il n'y en a pas, et je ne les accepterai jamais", avance le président de région, à qui Marion Maréchal-Le Pen avait tendu la main avant de se retirer de la vie politique.

Campé sur cette ligne idéologique, Laurent Wauquiez, dont les observateurs attendaient une déclaration de candidature expresse après les défaites électorales des Républicains, temporise au contraire en attendant de connaître l'identité de ses vrais rivaux. Le message de rassemblement adressé à Valérie Pécresse et Xavier Bertrand semble ainsi destiné à couper l'herbe sous le pied d'un éventuel candidat "constructif" pour la rue de Vaugirard.

Louis Nadau