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Psychodrame à l'Assemblée: le groupe Les Républicains quitte l'hémicycle

Chrsitian Jacob sur les bancs de l'Assemblée nationale.

Chrsitian Jacob sur les bancs de l'Assemblée nationale. - JACQUES DEMARTHON / AFP

Dans la foulée du groupe France insoumise, les députés Les Républicains ont quitté l'hémicycle en protestation contre la conduite des débats de la présidence.

Nouvel esclandre à l'Assemblée, où les journées de guérilla parlementaire se succèdent depuis le début de cette semaine. Au moins autant que le fond du projet de loi de moralisation de la vie publique, c'est la méthode de la majorité, et notamment de la présidence du palais Bourbon, qui provoque la colère de l'opposition.

Alors que les travaux se poursuivent dans la nuit de jeudi à vendredi, avec l'objectif de voter la première partie du texte (divisé en deux lois, l'une ordinaire et l'autre organique), le président de séance Hugues Renson rappelle que la conférence des présidents, qui réunit la présidence de l'Assemblée nationale et les présidents de groupes, a décidé que ces deux parties seraient votées ensemble, après l'examen de la loi organique.

Agenda bousculé

Le groupe France insoumise ayant déjà quitté l'hémicycle en protestation contre un vote litigieux, les présidents de groupe Nouvelle gauche et Les Républicains Olivier Faure et Christian Jacob prennent le relais de la contestation. Tout deux souhaitent que les députés devant rentrer dans leurs circonscriptions vendredi puissent au moins voter une partie du texte. Olivier Faure demande ainsi la tenue immédiate d'une conférence des présidents, afin de modifier l'agenda du vote. Impossible sans François de Rugy, rétorque un Perchoir impassible. "Réveillez-le!", lance les députés.

"Les collègues qui sont ici présents ont fait les quatre journées, ont fait les trois nuits, je pense que le minimum c'est qu'ils puissent voter sur ce texte. On a eu à plusieurs reprises des conférences des présidents qui n'ont pas été présidées par le président de l'Assemblée. (...) Là on est vraiment sur un point de blocage stupide", plaide Christian Jacob. 

La majorité sans leader

"Vous pouvez aussi prendre vos responsabilités de vice-président", exhorte le député de Seine-et-Marne à l'adresse d'Hugues Renson. Au micro, Christian Jacob ne décolère pas: "Le ministre en charge des relations avec le Parlement n'est pas là, le président du groupe En Marche n'est pas là, le président de Rugy n'est pas joignable, ni les membres de son cabinet. Il y a quand même des limites à tout cela!"

Réponse lapidaire d'Hugues Renson: "Vous avez tout à fait raison, je vais donc prendre mes responsabilités: la séance se poursuit." En guise de protestation, le groupe LR quitte alors les travées du palais Bourbon, et la séance est suspendue (ci-dessous en vidéo, cette séquence isolée par Le Lab Europe 1). D'ici ce vendredi soir, il reste 350 amendements à examiner avant de procéder au vote définitif.

Louis Nadau