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Couacs en série: que se passe-t-il à l'Assemblée nationale?

Hémicycle de l'Assemblée nationale

Hémicycle de l'Assemblée nationale - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Cette semaine, les débats sur la loi de moralisation de la vie publique se sont ouverts dans la confusion à l'Assemblée nationale. Et les choix de son président, François de Rugy, sont vivement critiqués.

Amateurisme ou "bizutage"? Depuis l'ouverture des débats sur la loi de moralisation de la vie publique en début de semaine, il ne se passe plus un jour sans que le travail du Perchoir ne soit remis en cause. Dernier épisode en date: lors du vote d'un amendement soumis par le Modem jeudi, le décompte à main levée du vice-président de l'Assemblée, Hugues Renson, a provoqué la colère de plusieurs députés. 

Sous l'impulsion de Jean-Luc Mélenchon, le groupe La France Insoumise a même choisi de quitter l'hémicycle

Une vice-présidente remplacée au pied levé

Déjà lundi, Danielle Brulebois, présidente de séance, avait déjà été sèchement recadrée par deux députés socialistes. Alors que les députés examinaient les amendements concernant la nécessité pour tout élu de présenter un casier judiciaire vierge, la députée LREM du Jura est passée au vote... sans redonner la parole aux parlementaires. Une situation "ubuesque" pour le député PS de l'Ardèche Olivier Dussopt. "Madame la président, dans notre Assemblée, il y a des règles dans la discussion des articles et l’ordre d’appel des amendements", a renchéri quelques minutes plus tard Delphine Batho, du groupe Nouvelle gauche. 

Le lendemain, c'est Carole Bureau-Bonnard qui a concentrée les critiques. L'élue de la République en marche a d'abord omis de donner la parole au député MoDem de la majorité, Jean-Louis Bourlanges, qui a quitté l'hémicycle. "Et bien il part … tant pis", a réagi, quasi indifférente, la vice-présidente qui s'est un peu plus tard emmêlée les pinceaux lors d'un appel au vote. Après une énième interruption de séance, Carole Bureau-Bonnard a finalement été remplacée par François de Rugy, le président de l'Assemblée. 

De retour au Perchoir mercredi, Danielle Brulebois a de nouveau été moquée. Et pour cause: visiblement dépassée par la situation, elle a dû être assistée par d'administrateur derrière elle, qui s'est mis à lui souffler les consignes

Une place trop vite accordée aux vice-présidents? 

Comme Christian Jacob, le président du groupe LR, qui évoquait cette semaine les "limites de l'inexpérience" et la nécessité d'avoir une "police de l'Assemblée", plusieurs élus montent au créneau et pointent du doigt les choix de François de Rugy. "Laisser aussi vite la place à des vice-présidentes inexpérimentées était une erreur", juge ainsi la Constructive Sophie Auconie dans Le Parisien ce vendredi. 

"Ici, on n'est pas dans une phase d'apprentissage, on fabrique la loi", soulignait encore, très agacé, le député LR Philippe Gosselin lors d'une séance lundi

Malaise chez LREM

"On n'est pas dans l'assemblée générale d'un club de boulistes", s'était encore écrié Christian Jacob mardi. Même dans les rangs de LREM, certains députés ne cachent pas leur malaise. 

"Non seulement, il a laissé sa place aux vice-présidentes trop rapidement, mais, en plus, il l'a reprise extrêmement brutalement, j'aurais été Carole Bureau-Bonnard, je n'aurais jamais accepté cela", s'indigne ce vendredi une élue dans le Parisien

"Il y a beaucoup de d'improvisations, de précipitations de la part de la nouvelle majorité LREM, ce qui est préoccupant", fulminait également sur France Inter mercredi matin Bernard Accoyer, secrétaire Général des Républicains. De son côté, François de Rugy continue d'assurer qu'il s'agit d'une période de "bizutage" des députés LREM encore en "rodage". "Il y a des nouveaux députés qui sont en rodage, et puis il y a peut-être des anciens qui profitent un peu de la situation pour faire un bizutage, notamment contre celles et ceux qui me secondent à la présidence des séances", avait-il justifié sur LCI mercredi. 

Le porte-parole du gouvernement n'est "pas inquiet"

Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, s'est voulu rassurant dans une conférence de presse ce vendredi, indiquant qu'il n'était "pas inquiet". Selon lui, le travail parlementaire se déroule dans de "bonnes conditions" malgré quelques "incidents de séance", "ce qui n'est pas très nouveau".

Maëva Poulet