BFMTV

Pourquoi aucun rallié au camp Macron ne sera exclu de LR dans l'immédiat

Photo d'illustration

Photo d'illustration - AFP

Alors que les dates de l'élection du nouveau président des Républicains ont été arrêtées aux 10 et 17 décembre, le bureau politique a suspendu les six personnalités LR soutenant Emmanuel Macron, dont le Premier ministre Edouard Philippe, de leurs fonctions exécutives au sein du parti. Une commission spéciale se prononcera sur une éventuelle exclusion à l'automne.

C'est une surprise: aucun des Républicains passés dans le camp d'Emmanuel Macron - soit en entrant au gouvernement, soit en faisant parti du groupe des "Constructifs" à l'Assemblée nationale - ne sera exclu du parti dans l'immédiat, à l'issue du bureau politique LR tenu ce mardi après-midi. Il a, en revanche, été annoncé qu'une commission spéciale du parti se réunirait "à l'automne" pour se prononcer sur une éventuelle exclusion. Les six personnalités des "Républicains" ayant intégré le gouvernement, dont Edouard Philippe ou Gérald Darmanin, sont toutefois d'ores et déjà suspendus de leurs fonctions au sein de LR. Au départ, cette mesure ne concernait que Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics, et Sébastien Lecornu, Secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, mais elle a été étendue à l'issue de trois heures de débats. 

Le Premier ministre Édouard Philippe, les ministres Bruno Le Maire, Sébastien Lecornu et Gérald Darmanin, ainsi que les meneurs des "Constructifs" Franck Riester et Thierry Solère, qu'Éric Ciotti qualifiait encore récemment sur BFMTV de "professionnel de la trahison", étaient donc au coeur de ces débats.

Seules "sanctions" - qui tiennent davantage de la logique partisane que de la décision politique: les LR macronistes sont suspendus de leurs fonctions exécutives dans le parti. Le ministre de l'Action et des comptes publics Gérald Darmanin est donc suspendu de ses fonctions de président de la fédération du Nord. Sébastien Lecornu est quant à lui suspendu de ses fonction de secrétaire départemental de la fédération de l'Eure.

"Demande de clarification"

Le principe de l'impossibilité d'une "double appartenance" politique devrait être cependant posé par le bureau politique. Une disposition qui laisse l'entourage du secrétaire général des Républicains Bernard Accoyer dubitatif, puisque aucun des "Constructifs" n'appartient à En Marche. 

Un délai sera laissé jusqu'à l'automne aux différentes personnalités pour répondre à une timide "demande de clarification" sur leurs allégeance politique entre La République en marche et Les Républicains, au bord de l'implosion depuis ses défaites électorales de 2017. 

Selon nos informations, la lettre reçue par Thierry Solère, que ce dernier qualifiait ce dimanche de courrier "d'exclusion", ne serait en fait q'une convocation "en vue d'éventuelles sanctions lors d'un prochain bureau politique".

Temporiser face aux divisions

Les ténors du parti de droite sont divisés sur la pertinence de procédures d'exclusions - l'ancien président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer y étant par exemple favorable, quand le président du Sénat Gérard Larcher s'y oppose.

Les tenants de la droite dure, comme Daniel Fasquelle ou Nadine Morano, réclament la tête des transfuges: "L'exclusion, c'est la conséquence juridique d'une nécessaire clarification. On ne peut pas être dans la majorité et dans l'opposition, cette comédie a assez duré", affirme à BFMTV le député du Pas-de-Calais. "Il faut acter leur départ", tranche pour sa part Nadine Morano.

Dans Challenges, les deux camps rivalisent de créativité pour défendre leurs points de vue: "Si vous jouez au PSG, vous ne jouez pas à l'OM; vous ne jouez pas une mi-temps au PSG et une mi-temps à l'OM même si l'OM commence à évoluer dans un schéma tactique que vous appréciez", explique ainsi la juppéiste Virgine Calmels.

"Ils n'ont pas violé de petite fille, ils n'ont pas sauté la bonne ou ridiculisé la France en sortant en scooter la nuit… ", réplique le sénateur Gérard Longuet, seul responsable de cette gradation. 

Les Républicains renvoient ainsi la balle dans le camp de leurs camarades macronistes, qu'ils souhaitent voir s'éloigner d'eux-mêmes du parti.

Par ailleurs, l'élection du nouveau président des Républicains, pour laquelle Laurent Wauquiez est pour l'heure favori, aura lieu les 10 et 17 décembre. 

Louis Nadau