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LR: Eric Ciotti demande l'exclusion des "constructifs" menés par Solère

Après avoir échoué à obtenir le poste de questeur à l'Assemblée nationale, décroché par le "macrono-compatible" Thierry Solère, Éric Ciotti demande l'exclusion des "constructifs" des Républicains.

Ils sont allés trop loin: aux yeux d'Éric Ciotti, les "Constructifs" ne font plus partie de la "famille". Distrait mercredi soir du poste de questeur de l'Assemblée nationale par Thierry Solère, chef des Républicains pro-Macron, le député des Alpes-Maritimes exige désormais que la quinzaine d'élus dissidents soient exclus du parti. 

"Je souhaite que ceux qui ont décidé de ne pas siéger dans notre groupe quittent notre parti ou en soient exclus", affirme le sarkozyste ce jeudi sur notre antenne. Et ce dès le bureau politique du 11 juillet.

Le procès en trahison des "constructifs" a déjà commencé chez Les Républicains "canal historique", avec Éric Ciotti dans le rôle d'inquisiteur.

"Ils n'avaient pas de candidats La République en marche en face d'eux aux législatives, il faut qu'ils paient l'addition aujourd'hui. Ils n'ont pas de liberté, ils sont liés. On l'a vu hier soir pour la questure." 

"Professionnel de la trahison"

Le député estime que ses collègues LR macron-compatibles forment "un groupe de la majorité", et non de l'opposition, à laquelle l'un des postes de questeurs - qui tiennent les cordons de la bourse de l'institution parlementaire - est traditionnellement réservé. 

"C'est la rupture de l'équilibre des pouvoirs à l'Assemblée nationale. C'est un hold-up démocratique. C'est la première fois sous la Vème République. On nous parlait de l'ouverture, du renouveau: c'est la fermeture sur un clan, c'est l'absence de transparence", s'étrangle Éric Ciotti, au lendemain d'une séance d'ouverture particulièrement houleuse. 

Frustré de ce poste stratégique, le représentant de la droite "décomplexée" n'a pas de mots assez durs à l'encontre de son rival "constructif":

"Je ne sais pas s'il est encore membre de notre parti. Thierry Solère, c'est un professionnel de la trahison. Hier soir, il a touché au prix fort les dividendes de sa trahison. Il fait l'objet d'une enquête préliminaire, dans un dossier fiscal important. C'est le choix de confier les finances de l'Assemblée nationale à quelqu'un qui est mis en cause."

À ce rythme, la "clarification" réclamée par Les Républicains risque de virer au bain de sang dans l'Hémicycle.

Louis Nadau