BFMTV

Tempête au palais-Bourbon autour du Bureau de l'Assemblée nationale

Thierry Solère

Thierry Solère - BFMTV

Ce mercredi, l'attribution d'un des postes de questeurs à Thierry Solère, membre du groupe des "Constructifs", a déclenché l'ire du groupe des "Republicains". La polémique a fait tâche d'huile et s'est étendue dans la soirée à la question de la vice-présidence de l'Assemblée nationale. Six vice-présidents issus de la majorité ont été élus dans la nuit.

La XVe législature de la Ve République connaît des débuts agités, comme l'a noté LCP sur son site internet. Ce mercredi dans l'après-midi, l'attribution du troisième poste de questeur (dévolu traditionnellement à l'opposition) de l'Assemblée nationale à Thierry Solère, membre du groupe des "Constructifs", a soulevé la colère dans les rangs du canal historique de la droite dans l'Hémicycle. A la reprise de la séance, en début de soirée, son chef de file, Christian Jacob, a annoncé que les "Républicains" ne siégeraient pas au sein du Bureau de l'Assemblée nationale "tant que les droits de l'opposition ne sont pas rétablis". Son mouvement a alors décidé de retirer ses candidats aux places de la vice-présidence. 

La contestation redouble dans la soirée

"il y a nécessité d'avancer vers la constitution de ce bureau malgré la volonté de boycott des uns et des autres", s'est écrié Richard Ferrand, président du groupe "LREM". Mais cette intervention n'a pas permis le retour à la normale des débats. Jean-Luc Mélenchon, en sa qualité de président du groupe des "Insoumis", a lui aussi pris la parole: "Il y a des questeurs élus dans un ordre qui annule les accords anciens. Mais les Insoumis n'ont que faire des accords préalables de l'ancien temps". Il a alors proposé la candidature de Mathilde Panot, députée élue dans le Val-de-Marne, au Bureau de l'Assemblée.

Aux alentours de 22h30, le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy, a demandé que l'on passe à l'élection des vice-présidents. En l'absence des postulants républicains, retirés du jeu comme l'avait précisé Christian Jacob, il est apparu que le groupe "LREM" présentait cinq candidats à la vice-présidence. Le groupe Modem, quant à lui, a avancé un nom issu de ses rangs. Les vice-présidents étant au nombre de six dans l'Assemblée, la majorité concourrait donc pour le grand chelem. D'ordinaire, deux vice-présidents sont choisis au sein de l'opposition. 

Le désordre a donc redoublé, relancé notamment cette fois-ci par un député "constructif". Yves Jégo, député élu en Seine-et-Marne, a menacé de déposer un recours en signe de protestation. Au milieu de ces transports, Jean Lassalle a choisi d'apporter sa touche au tableau: "Une idée m'est apparue subitement. Afin d'essayer de trouver une solution, je présente aussi ma candidature". Imperturbable, Richard Ferrand a fait valoir que l'image d'une vice-présidence entièrement aux couleurs de la majorité ne serait que temporaire. "Dès que Les Républicains voudront reprendre leurs responsabilités, les candidats élus céderont la place", a-t-il assuré. 

Une séance à nouveau mouvementée ce jeudi? 

La formule a poussé André Chassaigne, député communiste élu dans le Puy-de-Dôme, à réagir: "Qu'est-ce que c'est que cette manière de fonctionner, ce 'nouveau monde', cette 'nouvelle politique' que vous voulez introduire dans l'Assemblée?" a-t-il lancé avec force. Cette péroraison n'a pas empêché le scrutin pour la désignation des vice-présidents de s'ouvrir aux environs de 23h. 

Sur les coups de 0h30, en clôture de cette séance-fleuve, François de Rugy a pu proclamer les résultats. La carton plein annoncé pour la majorité a bien eu lieu. Sylvain Waserman, militant du Modem, devient vice-président de l'Assemblée nationale, tout comme cinq représentants de "La République en marche", à savoir Hugues Renson, Carole Bureau-Bonnard, Danielle Brulebois, Cendra Motin et Sacha Houlié. Une composition qui laisse présager une séance de jeudi à nouveau mouvementée. 

Robin Verner