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Présidence des Républicains: vers un duel Wauquiez-Pécresse

Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez

Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez - THOMAS SAMSON / AFP

Un duel entre Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse se profile pour la présidence des Républicains. Pour l'heure, les deux candidats jouent l'attente et fourbissent leurs armes.

C'est encore le round d'observation: officiellement, personne n'est candidat pour prendre la tête des Républicains, délabré et désuni après les défaites présidentielle et législatives. Officieusement, un duel se dessine peu à peu, après le renoncement de Xavier Bertrand, entre deux lignes, et deux cadres les représentant: Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse.

Le premier, tenant d'une ligne dure centrée sur les questions identitaires et sécuritaires, masque à peine ses ambitions et multiplie les contacts, pour s'assurer du soutien des "parrains" du parti. Selon Le Figaro, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a déjeuné mardi avec l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy, toujours influent dans la "famille", et doit rencontrer sous peu le candidat défait à l'élection présidentielle, François Fillon.

La stratégie du crocodile

Deux onctions qui renforcent sa position auprès des militants, déjà séduits par se ligne "à droite toute". Laurent Wauquiez, qui demande à "donner la parole aux militants", s'est attelé à encore approfondir le sillon de la droite "décomplexée": "La droite ne doit pas s'excuser d'être ce qu'elle est. Elle ne rassemble que quand elle assume ses valeurs", revendique l'agrégé d'Histoire. 

S'il multiplie les allusions, jugeant que la présidence du parti est "un beau combat", l'ancien soutien de Nicolas Sarkozy à la primaire de la droite a cependant adopté la stratégie du crocodile, en embuscade quand ses rivaux se déclareront. Pour l'heure, Laurent Wauquiez temporise et joue les pacifiques: 

"Je vois trop de personnes qui passent leur temps à dire beaucoup de mal. Je ne rentrerai pas dans ce jeu qui nous a affaiblis", promet-il au Figaro. "On a besoin de personnalités qui apaisent et rassemblent."

Un espace politique dégagé

Rassembler les opposants à Laurent Wauquiez, dont l'ambition et le positionnement droitier lui ont valu de nombreux ennemis chez Les Républicains: c'est précisément la stratégie de Valérie Pécresse. Encore hésitante, elle dispose encore d'un long délai pour se lancer, l'élection du nouveau patron des Républicains ne devant avoir lieu qu'à la fin de l'automne. La présidente de la région Île-de-France ne sait pas encore si Xavier Bertrand a cherché à lui savonner la planche en se retirant de la course. 

"Bertrand, avec qui elle échange régulièrement, ne l'a pas prévenue avant son interview. Et elle ne sait toujours pas si c'était un appel du pied ou un coup de pied de l'âne. En clair, s'il veut l'inciter à y aller pour qu'elle se plante", glisse un parlementaire au Parisien

Si les ambitions prêtées à Valérie Pécresse étaient avérées, l'effacement du président des Hauts-de-France serait une aubaine pour elle.

"Elle se dit qu'un espace s'est libéré pour elle. Et que la ligne politique qu'elle défend, de droite authentique et modérée, peut la faire gagner", confie un cadre de LR.

"Signaux faibles"

"Elle veut sauver l'union de la famille, tandis qu'un Wauquiez peut faire voler en éclat les Républicains", estime l'un de ses soutiens. L'ancienne ministre de l'Enseignement supérieur se tient donc prête. "Elle envoie des signaux faibles. Durant les législatives, elle a organisé un déjeuner avec des sénateurs, elle ne leur a parlé que du parti et, alors qu'elle ne le faisait plus depuis des mois, elle a fait des déplacements en province", note une "huile" du parti.

Pour autant, la base politique de la patronne d'Île-de-France pourrait se réduire comme peau de chagrin si les modérés du parti étaient happés par les "constructifs", ces Républicains qui soutiennent Emmanuel Macron". Si bien que Valérie Pécresse reste prudente, prenant garde à ce que le sol ne se dérobe sous ses pieds.
Louis Nadau