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Les Républicains: Wauquiez, Pécresse et Bertrand préparent la guerre des chefs

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Photo d'illustration. - GABRIEL BOUYS / AFP

À l'autonome, la désignation d'un nouveau chef à la tête des Républicains devrait être le point de départ de la "recomposition" de la droite après sa défaite à la présidentielle. Tour d'horizon des forces en présence pour la bataille de la rue de Vaugirard.

Règlement de comptes en vue: après les législatives, Les Républicains désigneront en novembre un nouveau président pour diriger le parti. Déjà sérieusement ébranlée par une présidentielle "imperdable" finalement perdue, l'unité des Républicains pourrait voler en éclats à l'heure de la "clarification". Il s'agira alors de reconstruire. Si aucun candidat ne s'est pour l'instant déclaré (François Baroin affirmant "ne pas vouloir du parti") certains sont déjà nettement pressentis.

Wauquiez, à droite toute

Les vues de Laurent Wauquiez sur la présidence des Républicains sont un secret de polichinelle. Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes est l'option "souhaitable et inéluctable" des sarkozystes, confie Brice Hortefeux dans L'Opinion. Sur une ligne droitière, l'agrégé d'Histoire attend son heure pour regrouper le parti autour d'une ligne dure, marquée par les thématiques identitaire et sécuritaire.

"Son objectif, c'est de se débarrasser de tous ceux qui ne sont pas sur sa ligne", s'alarme un de ses détracteurs dans Le Parisien.

À la tête du parti, Laurent Wauquiez jetterait volontiers la dernière pelletée de terre sur le cercueil de l'UMP, incarnation de la synthèse des droites. Le sarkozyste, populaire chez les militants, ne cache pas son aversion pour ceux qui ont rejoint Emmanuel Macron, se disant "écœuré par tous ceux qui se vendent pour un plat de lentilles".

Paradoxalement, les défections juppéistes et lemairistes vers le président de la République jouent en faveur de Laurent Wauquiez, le plaçant au centre de gravité de LR, au risque de régner sur des ruines. Pour l'heure, Laurent Wauquiez souhaite éviter de précipiter les choses. "Tout le monde s’attendait à ce que je fasse la nuit des longs couteaux. Je vais les surprendre", confiait-il au lendemain du retrait de François Fillon. Le schisme entre deux droites irréconciliables menace cependant.

Pécresse, libérale bon teint

Face à l'ancien porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse est tentée de se présenter. Si la frange populaire de l'électorat de droite peine à se reconnaître dans la présidente de la région Île-de-France, celle-ci rencontre en revanche un franc succès chez les libéraux, partageant bon nombre des options fillonistes sur l'économie. Sur le fond, ses idées sont largement compatibles avec les orientations d'Emmanuel Macron. 

L'ancienne députée des Yvelines "n’accepte pas l’idée que, face à Emmanuel Macron, il ne reste plus qu’une droite incarnée par Laurent Wauquiez. Elle veut défendre autre chose, une droite authentique, dans laquelle des juppéistes, des fillonistes, des lemairistes peuvent se reconnaître", explique son entourage dans L'Opinion.

Xavier Bertrand, le coup de la "troisième voie"

Lui aussi président de région, Xavier Bertrand, en retrait sur le plan national jusqu'à être pressenti comme Premier ministre, cache de moins en moins ses ambitions.

"J’ai des idées très précises sur la manière dont on doit établir une nouvelle ligne stratégique au sein des Républicains", déclarait début mai le numéro 1 de la région Hauts-de-France dans Le Figaro

Ce qui ressemble fort à une annonce de candidature. Ayant revêtu l'habit de champion du front républicain depuis son élection à la tête de l'exécutif régional, Xavier Bertrand a cependant dit "non" à Emmanuel Macron, revendiquant une identité "d'homme de droite".

Il est parvenu, surtout, à ne perdre de plume ni dans guerre de succession de l'UMP, ni dans la primaire de la droite, ni dans l'élection présidentielle. Si bien qu'il peut endosser une position médiane, susceptible de rassembler, mais qui ne tranche pas dans le vif sur les clivages idéologiques au sein de sa famille politique:

"Entre une droite qui donne le sentiment d’être revancharde et dure, et une droite qui s’est déshabillée devant Macron et dit “on est prêt à venir”, il y a une troisième voie", résume Xavier Bertrand.

Une troisième voie qui ne pourra que difficilement être une synthèse, tant les deux courants qui se dessinent chez Les Républicains apparaissent "irréconciliables". Il reste donc à l'inventer.

Louis Nadau