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Le PDG de Radio France juge le coup de fil de Bayrou "déplacé"

Mathieu Gallet, patron de Radio France, à Paris le 15 janvier 2016

Mathieu Gallet, patron de Radio France, à Paris le 15 janvier 2016 - MARTIN BUREAU, AFP

Le garde des Sceaux avait appelé Radio France pour se plaindre de l'enquête sur son parti, le MoDem. Ce vendredi, le PDG du groupe public, Mathieu Gallet, a estimé que cette attitude était "déplacée".

Le coup de fil à Radio France du ministre de la Justice ne passe pas. Le président du MoDem, François Bayrou, avait appelé la radio publique pour se plaindre d'une enquête sur son parti. Ce vendredi, le PDG du groupe, Mathieu Gallet, juge cette "attitude déplacée".

"J'ai été surpris par cette démarche d'un ministre. On peut parler d'attitude déplacée", a-t-il affirmé, lors d'un échange jeudi avec les salariés du groupe public, comme le rapporte le médiateur de Radio France Bruno Denaes, dans une chronique publiée sur le site de Radio France.

"Des informations vérifiées, fiables et de qualité"

"Un grand principe d'indépendance a toujours animé Radio France tant sur le plan politique qu'économique. Et j'entends bien continuer à le préserver, principalement pour ses salariés qui peuvent ainsi offrir aux auditeurs et aux internautes des informations vérifiées, fiables et de qualité. J'espère que ce malheureux épisode servira d'exemple à ne pas suivre", a encore déclaré Mathieu Gallet, qui dirige la maison ronde depuis 2015.

"Nous ne sommes pas, comme certains se plaisent à continuer de l’affirmer, une radio d'Etat, mais une radio de service public.

"Le pouvoir, quel qu’il soit, n’a aucune autorité sur les choix éditoriaux de nos antennes", assure pour sa part le médiateur, qui juge que "paradoxalement, ce coup de fil du garde des Sceaux montre l'indépendance de Radio France".

Accusé d'avoir voulu faire "pression" sur Radio France à propos du traitement de l'affaire des assistants parlementaires du MoDem, François Bayrou avait été rappelé par le chef du gouvernement à son devoir d'"exemplarité" comme ministre. Le garde des Sceaux a quant à lui défendu "sa liberté de parole" au sein du gouvernement, assurant: "Chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire, je le dirai".

E. H. avec AFP