BFMTV

Bayrou:"Je ne sais pas vivre avec un bœuf sur la langue"

Édouard Philippe et François Bayrou

Édouard Philippe et François Bayrou - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

François Bayrou ne voit pas de contradiction entre sa liberté de parole et la discipline gouvernementale.

Persiste et signe: François Bayrou revendique sa liberté de parole au sein du gouvernement. Invité de RTL ce mercredi matin, le garde des Sceaux est revenu sur son échange avec le Premier ministre. Mardi, Édouard Philippe a recadré François Bayrou sans le nommer, l'appelant à observer la discipline gouvernementale et le contrôle de la communication souhaités par le président de la République.

"Je ne vois pas de contradiction. Édouard Philippe dit: ‘il faut être exemplaire’. Je partage ce sentiment, c’est absolument vrai. (…) J’ajoute, et c’est aussi vrai: ‘il faut de la liberté de parole’. En tout cas pour moi, je ne sais pas vivre sans liberté de parole. Je ne sais pas vivre avec un bœuf sur la langue", a répliqué François Bayrou.

Bras de fer

"Quand on est ministre, on ne peut plus réagir comme quand on est un simple citoyen", avait lancé mardi le locataire de Matignon à l'intention de son ministre de la Justice. Ce dernier avait en effet contacté la rédaction de franceinfo, en tant que simple "citoyen", pour protester contre l'enquête menée par les journalistes sur l'affaire des emplois fictifs d'assistants d'eurodéputés MoDem.

Sans céder, François Bayrou a cependant tenu à apaiser le débat: "J’ai été en relation avec [Édouard Philippe] après les propos qu’on lui avait prêtés, qu’il avait tenus ou qu’on avait interprétés. Je ne défie personne, je suis trop détendu pour cela. Il se trouve que la responsabilité et la franchise sont conciliables."

Pression médiatique

"Les responsables politiques sont appelés par des journalistes dix fois par jour, dans des conversations que vous appelez ‘off’. Pourquoi est-ce qu’il n’y aurait pas parfois, quand ça s’impose, la réciproque, et que des responsables politiques puissent dire en privé leur analyse sur des méthodes utilisées ?", a commenté le garde des Sceaux. 

"Cette enquête où des personnes appelaient sur leurs téléphones privés des collaborateurs en dehors des heures de travail, j’ai trouvé que c’était un peu excessif. Je l’ai dit sans pression, peut-être un peu vivement."

"Je suis un citoyen, je suis un ministre. Où avez-vous vu une règle ?", insiste François Bayrou, qui n'estime pas que sa fonction au sein du gouvernement prenne le pas sur sa parole de personne privée. 

Louis Nadau