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Grève contre la réforme des retraites: le dénouement est-il proche?

La manifestation parisienne du jeudi 9 janvier

La manifestation parisienne du jeudi 9 janvier - Abdulmonam Eassa - AFP

Edouard Philippe doit faire des "propositions concrètes" samedi aux organisations syndicales, qui ont appelé à une journée de mobilisation pour cette 38e journée de grève.

Alors que les organisations syndicales appellent de nouveau à battre le pavé à Paris et dans toute la France pour cette 38e journée de grève, le Premier ministre Edouard Philippe s'est engagé à adresser ce samedi aux organisations syndicales et patronales "par écrit des propositions concrètes" qui pourraient former "la base d'un compromis".

Pendant ce temps, les défilés devraient se multiplier à Paris - 13h30 de Nation à République - et en régions, à l'appel de l'intersyndicale (CGT, FO, CFE-CGC, FSU, Solidaires et organisations de jeunesse), qui n'entend pas relâcher la pression pour obtenir le retrait du projet.

Le gouvernement attendu sur l'âge pivot

Le gouvernement est très attendu sur l'âge pivot ou "âge d'équilibre", auquel s'oppose catégoriquement la CFDT. L'appui du premier syndicat de France, favorable à un régime universel par points, semble indispensable pour sortir de 5 semaines d'impasse.

"C'est une mesure aveugle qui n'a pas lieu d'être dans le projet de loi", a redit vendredi à sa sortie de Matignon Laurent Berger, le patron de la CFDT, notant toutefois "une volonté d'ouverture" de la part du Premier ministre.

Cet âge d'équilibre, qui doit progressivement inciter les Français à partir à 64 ans en 2027, sous peine de se voir infliger un malus, figure 39 fois dans le projet de loi transmis tard jeudi soir aux partenaires sociaux. Vendredi, pour la première fois, le gouvernement a communiqué son estimation des économies attendues de l'âge pivot, soit 3 milliards d'euros en 2022 et 12 milliards en 2027.

Yves Veyrier (FO), a indiqué sur Europe 1 qu'il s'attendait à "une annonce de temporisation ou de suspension sur l'âge pivot en attendant que les partenaires sociaux se mettent d'accord sur une solution alternative".

La grève pas prête de s'arrêter

Un éventuel compromis ne se traduira pas forcément par l'arrêt immédiat des perturbations dans les transports, qui affectent le quotidien des Français, car la CGT, FO et Solidaire réclament pour leur part le retrait pur et simple du projet. FO a assuré vendredi que "sa mobilisation reste intacte" tandis que la CGT de Philippe Martinez a "redit (son) désaccord avec le projet du gouvernement".

Le trafic SNCF restera perturbé ce week-end avec 80% des TGV, un TER sur deux et 40% des Transilien, tandis que toutes les lignes de métro seront ouvertes en journée, selon la RATP, qui évoque une "nette amélioration" par rapports aux derniers week-ends.

La CGT a appelé à maintenir le blocage des expéditions de carburants des raffineries jusqu'au 16 janvier inclus, et a déposé une grève "reconductible bloquante" dans deux centres de la Banque de France, en Île-de-France et dans les Hauts-de-France, qui traitent plus du quart des billets du pays.

Des "manifestations massives" espérées samedi

452.000 manifestants étaient dans la rue jeudi contre le projet de réforme, selon le ministère de l'Intérieur, dont 56.000 dans la capitale, une mobilisation supérieure à celle du 10 décembre, mais en deçà de celles du 17 et surtout du 5 décembre, premier jour du mouvement.

Espérant des "manifestations massives" samedi partout en France, l'intersyndicale a appelé à poursuivre le mouvement mardi 14 janvier avec une "journée de grève et de convergence interprofessionnelle" et mercredi 15 et jeudi 16 avec des "initiatives déclinées sous toutes les formes". 

S. V. avec AFP