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Gilets jaunes: qui sont les black blocs?

Un important dispositif de sécurité est prévu samedi pour le 23e samedi de mobilisation des gilets jaunes. Les autorités redoutent la constitution de black blocs en tête de cortège.

Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, plusieurs manifestations ont vu des black blocs se former en première ligne. Le 16 mars, lors de "l'ultimatum 1" décrété par les gilets jaunes, ils étaient ainsi près de 1.500 individus à se réunir pour casser, détruire et se confronter aux forces de l'ordre sur les Champs-Elysées, selon Yves Lefebvre, secrétaire général du syndicat SGP Unité Police FO

"Je crains que demain soit pour eux une répétition avant le 1er Mai", a-t-il averti sur notre antenne. "On s'attend à un 23e samedi difficile."

Des profils très variés

Ces groupes autogérés qui forment les blacks blocs sont très mobiles, très organisés, sans chefs et peuvent venir de toute l'Europe. Habillés tout en noir, toujours masqués ou cagoulés, les manifestants qui forment les black blocs sont parfaitement identifiables. Avec des cibles clairement définies: les banques, le matériel urbain, les symboles du capitalisme.

Derrière les masques, les profils sont souvent divers. "On se rend compte qu'il est bien inséré socialement, avec un emploi souvent qualifié. Le mouvement est mixte: près d'1/3 des black blocs sont des femmes", selon Guillaume Farde, maître de conférence à Sciences-Po. 

"Aujourd'hui, les personnes qui participent aux black blocs, ce sont une agrégation de militants souvent d'ultra-gauche réunis par un dénominateur commun: l'anticapitalisme. On y retrouve en général des groupes anarchistes, écologistes, féministes, étudiants...", nous expliquait en 2018 Francis Francis Dupuis-Déri, professeur à l'université du Québec à Montréal (UQAM) et auteur de Penser l'action directe des Black Blocs.

"On ressent une vraie colère"

Mais le black bloc n'est pas un mouvement, c'est une pratique.

"Le black bloc, c'est une philosophie qui repose sur l'appropriation de la voie publique. Il faut montrer que la rue est à vous. De quelle manière ? En cassant, en dégradant, en taguant, en incendiant. Et en allant chercher la confrontation directe avec les forces de l'ordre", explique sur notre antenne Guillaume Farde. 

Une "expression de leur colère"

"Quand on se retrouve au milieu des lieux de confrontation, on ressent une vraie colère mêlée à de l'incompréhension et à de la crainte", nous confiait un manifestant présent lors de la manifestation du 16 mars dernier.

"Une fois la protestation terminée, l'anonymat n'a plus lieu d'exister. Le bloc se dissout et on redevient le citoyen lambda qu'on était avant de s'engager dans la manif", ajoutait-il.

'Le black bloc n'est qu'un moment d'expression de leur colère: il n'a pas de hiérarchie et n'existe que le temps de la manifestation", selon Francis Dupuis-Déri.

Benjamin Rieth