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Prérequis, Mooc, test de personnalité: quelles nouvelles conditions d'entrée à l'université?

Un amphithéâtre de l'université de Rouen-Normandie à Mont-Saint-Aignan en octobre 2017 (photo d'illustration)

Un amphithéâtre de l'université de Rouen-Normandie à Mont-Saint-Aignan en octobre 2017 (photo d'illustration) - Charly Triballeau-AFP

Parmi les propositions du rapport pour réformer l'entrée et l'orientation à l'université se trouvent les tests de personnalité, les Moocs pour les filières en tension ou encore l'orientation dès le lycée.

Le rapport formulant 16 propositions issues d'une vaste concertation a été remis ce jeudi à la ministre de l'Enseignement supérieur afin de réformer l'accès à l'université pour la rentrée prochaine. Plusieurs pistes sont envisagées, de la sélection après le bac à l'orientation dès le lycée, en passant par les tests de personnalité.

Vers une forme de sélection?

Depuis plusieurs années, les universités accueillent à chaque rentrée 40.000 jeunes supplémentaires, une tendance qui devrait se poursuivre jusqu'en 2022. Ce qui a pour conséquence un engorgement. Certaines filières particulièrement demandées ne disposent plus de places suffisantes. Cette année, un nombre record de bacheliers ou étudiants en réorientation se sont retrouvés sur liste d'attente ou refusés par les universités faute de places.

Et le tirage au sort, autorisé pour les filières surchargées notamment Paces (Première année commune aux études de santé) et Staps (Sciences et techniques des activités physiques et sportives), a de nouveau fait polémique. Pourtant, le code de l'éducation mentionne que "le premier cycle (licence, NDLR) est ouvert à tous les titulaires du baccalauréat".

Parmi les propositions remises à Frédérique Vidal, la ministre de l'Enseignement supérieur, quatre options ont été discutées: accès libre à l'université sans avis ni recommandation, accès libre avec avis et recommandations, accès sous condition, accès sélectif. Lors d'une conférence de presse, le rapporteur a insisté sur "la prise en compte du profil du lycéen" dans l'orientation.

Des prérequis pour remplacer le tirage au sort

  • Début juillet, le Premier ministre avait évoqué lors de son discours de politique générale des "contrats de réussite étudiante", qui indiqueront aux jeunes "les prérequis pour réussir dans la filière visée" -inscrits au programme de campagne d'Emmanuel Macron. Édouard Philippe a en effet défendu cet engagement du président censé "enrayer la sélection par l'échec". Selon lui, cette réforme de l'université remplacera la sélection par tirage au sort, qualifiée de "scandale absolu", pour mettre en avant "le mérite et la motivation".

Pour y parvenir, une piste a été évoquée: les prérequis. Avant de pouvoir s'engager dans une filière, un étudiant devra posséder un niveau nécessaire. Par exemple, un bachelier de filière littéraire ne pourrait ainsi plus s'inscrire en médecine. Comme l'indique Le Figaro, alors que seuls 14% des étudiants en Paces passent en deuxième année, ces prérequis pourraient être validés par un Mooc, un cours en ligne gratuit. Les discussions s'annoncent tendues car certains syndicats y voient une sélection dissimulée

Des tests de personnalité

Autre option envisagée: les tests de personnalité. Ces "tests d'auto-positionnement" pour "contribuer à ce que les élèves construisent plus finement leur projet et consolident leurs choix", comme l'indique le rapport, pourraient même devenir obligatoire pour les licences sous tension, comme Staps ou Paces. Mais ils ne font pas l'unanimité. Certains syndicats étudiants ont mis en avant "le risque dissuasif" et de "censurer" l'ambition scolaire".

L'avis du conseil de classe

Alors que le taux d'échec en première année à l'université grimpe à 60%, l'une des propositions serait de "généraliser l'avis du conseil de classe pour toute orientation vers l'enseignement supérieur". Selon Le Figaro, "comme c'est déjà le cas pour les filières sélectives (classes préparatoires, BTS et IUT), le conseil de classe pourrait transmettre un avis officiel aux universités, pour l'accès dans les licences où l'élève s'est porté candidat". Le quotidien Les Echos assure que l'orientation devrait même être envisagée "dès la classe de seconde".

Céline Hussonnois-Alaya